Burundi / Présidentielle : Evariste Ndayishimiye, l’héritier vainqueur


Évariste Ndayishimiye l’a remporté haut la main, cette élection présidentielle du 20 mai 2020 au Burundi. Selon les résultats partiels, le dauphin du président sortant a tenu à sa promesse. Celle de remporter cette course au fauteuil de la magistrature suprême avec pour objectif de continuer le travail entamé par son prédécesseur Pierre Nkurunziza. Une victoire bien mérité et qui ne surprend pratiquement pas.


Les résultats des 119 communes du pays publié depuis le 21 Mai par les médias burundais lui donnent une large avance sur le principal candidat de l’opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la Liberté (CNL).D’autres résultats partiels compilés et portant sur 105 communes, le général major Evariste Ndayshimiye obtient la majorité absolue des voix dans 101 communes. Il obtient au moins 70% des voix dans 66 communes et plus de 50% dans 35 autres. Selon un sondage effectué par le Conseil Africain de la Démocratie (CAD) auprès de la population, le nouveau président était en pole position pour remporter cette présidentielle, car pour le peuple burundais, son parcours exceptionnel dans l’histoire du pays, a largement jouer en sa faveur.


Qui est Evariste Ndayishimiye ?

Présenté comme l'une des pièces maitresses du gouvernement Burundais, le général Evariste Ndayishimiye, militaire et homme politique, est issu des rangs de la rébellion hutue qui accéda au pouvoir à l'issue de la guerre civile (1993-2006), comme son prédécesseur Pierre Nkurunziza dont il est très proche. Comme son mentor Pierre Nkurunziza, il passe la majeure partie de son temps sur le terrain où il participe aux travaux communautaires, organise des réunions tout en distribuant des vivres aux nécessiteux. Favoris de la course à la succession du président Nkurunziza, Evariste Ndayishimiye, âgé de 52 ans, a été officiellement choisi pour porter les couleurs du parti au pouvoir, le Conseil national pour la Défense de la Démocratie-Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) à la présidentielle du 20 Mai dernier. Ancien ministre de l'Intérieur et de la sécurité publique (2006-2007), tour à tour chef de cabinet militaire et civil du président, le général Ndayishimiye a activement participé à la signature en 2003 de l'accord de cessez-le-feu de la guerre civile qui fit au moins 300.000 morts. En effet, le général major Ndayishimiye venait d'intégrer l'université du Burundi lorsque la guerre civile éclata en 1993. En 2005, Évariste Ndayishimiye est nommé chef d'État major adjoint des nouvelles Forces de défense nationale (FDN) avec rang de général. Le général Evariste Ndayishimiye devient ensuite chef de cabinet militaire à la présidence, poste qu'il occupe jusqu’en 2014 pour prendre, l'année suivante, la tête du cabinet civil du Président Pierre Nkurunziza. En août 2016, il est élu secrétaire général du CNDD-FDD où il remplace Pascal Nyabenda. Depuis 2005, Ndayishimiye est l'un des hommes politiques les plus influents au Burundi. En 1995, il échappa au massacre de dizaines d'étudiants et rejoignit immédiatement la rébellion encore embryonnaire à l'époque (1993-2006), comme son prédécesseur Pierre Nkurunziza.


Survivant des massacres et Fervent Catholique

M. Ndayishimiye venait d'entrer à l'université du Burundi lorsque la guerre civile éclata en 1993. Il était en 2e année de droit quand fut perpétré le massacre de dizaines d'étudiants hutu par des extrémistes tutsi en 1995. Il en réchappa par miracle et rejoignit immédiatement la rébellion encore embryonnaire à l'époque. Une trajectoire similaire à celle de Pierre Nkurunziza. Outre leur destin commun dans les rangs de la rébellion, MM. Nkurunziza et Ndayishimiye sont tous deux de fervents croyants et pratiquants, à cette différence que le premier est un évangélique "bornagain" tandis que le second est un fervent catholique. Cela pourrait aider le pouvoir à renouer avec l’Église catholique, qui n'a pas mâché ses mots à l'égard de la dérive observée depuis 2015.


Colérique et impétueux

Son profil plutôt modéré pourrait aussi lui valoir une certaine bienveillance de la communauté internationale et l'aider à briser un peu l'isolement du pays. D'abord critique à l'égard de la Belgique, l'ancien colonisateur, et de l'Union européenne, il s'est montré plus conciliant ces derniers temps .Il a une réputation d'ouverture et d'honnêteté contrairement aux autres généraux" issus des rangs de la rébellion. Rappelons que, le Général Évariste Ndayishimiye avait été choisi pour représenter le CNDD-FDD (le parti au pouvoir) à cette présidentielle à l’occasion d’un congrès extraordinaire du parti.

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