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Sommet Afrique France : comment Paris prépare les futures révolutions de couleurs sur le continent.



La docilité de plus en plus rare des chefs d'Etat africains a finalement poussé l'ancienne puissance colonisatrice à un réajustement de sa stratégique qui, inéluctablement, vise toujours le pillage des nombreuses richesses africaines. Dans cette nouvelle dynamique, Paris a décidé de préparer de nouveaux interlocuteurs qui seront ainsi, par ses soins, portés à l'avenir au pouvoir; afin de garantir un repositionnement dans des zones où elle enregistre des pertes massives d'influence et une consolidation (voir une expansion) dans ses derniers bastions d'Afrique de l'ouest et du Maghreb. C'est ainsi qu'elle a fait sélectionner sous les bons auspices du philosophe camerounais Achille Mbembe, plus de 700 jeunes, issus d'un casting des plus minutieux, parmi les forces réputées contestataires et l'inteligencia acquise d'office à sa cause, du fait même de la constitution de leur savoir dans les moules des académies françaises.



Déjà, le choix du grand artificier de ce Sommet Afrique-France de Montpellier "new-look", en dit long sur les véritables intentions de Paris. Pour cette tâche controversée, du fait de l'absence de toute forme de légitimité, le Chef de l'Etat Emmanuel Macron a sans surprise jeté son dévolu sur le philosophe franco-camerounais, théoricien du post-colonialisme : Achille Mbembe. Officiellement, Emmanuel Macron va lui demander d’aller sonder les Africains sur les orientations à suivre pour forger de nouvelles relations entre la France et l’Afrique. Mais dans l'ombre, il s'agit bien de copter des Hommes nouveaux sur qui Paris devrait s'appuyer dans son plan de reconquête des grands espaces où elle est en perte de vitesse.


L’historien franco-camerounais, de par ses prises de positions favorables à une citoyenneté africaine mondiale (cosmopolitisme) est essentiellement réfractaire au culte de la différence, porté par les avatars de la négritude, du nativisme et des nationalismes africains dont le moteur est non seulement la conquête mais aussi la restitution de l’honneur des Africains bafoué par des siècles d’humiliation. Son article intitulé, Afropolitisme, publié en 2006 dans le No 66 de la revue Africulture et largement repris par la presse occidentale et des journaux comme Le Monde, place le philosophe littéralement à l'opposé du courant néo-panafricaniste qui pousse la France dans son dernier retranchement.


Admirateur d’Édouard Glissant et de Frantz Fanon, Achille Mbembe se voit ici confier le rôle de repositionner la France décadente en Afrique. Ce qui va, d'ailleurs, lui valoir des levées de bouclier. "Je crois que c’est une erreur. Beaucoup de gens ont été déçus par Achille Mbembe, qui donne ici l’impression de voler au secours de Macron", martèle Jean-Claude Djereke, docteur en histoire contemporaine et professeur de littérature à Philadelphie.


Dans une tribune au vitriol, l’écrivain camerounais Gaston Kelman fustige l’intellectuel "flatté dans son orgueil de 'savant' qui maîtrise la science du maître".


Silence radio en Afrique centrale et en Algérie



Si les ressortissants ouest-africains ont massivement répondu présent aux consultations d'Achille Mbembe et à l'invitation d'Emmanuel Macron à Montpellier, on ne saurait dire de même pour les pays francophones d'Afrique centrale comme le Cameroun, la Guinée Équatoriale ou encore la République centrafricaine, pourtant très courtisés par l'organisation du Sommet. Ceux-ci constituant l'épicentre même du "sentiment anti-français" et représentant la zone où l'influence française est en déclin.


À titre d'exemple, au cours des 30 dernières années, les entreprises françaises ont perdu au total 30% de parts de marché au Cameroun. S’exprimant le 24 juin 2021 devant les étudiants de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric), l’ambassadeur de France au Cameroun, Christophe Guilhou annonçait que les entreprises françaises perdent progressivement pied au Cameroun. « La part de marché des entreprises françaises au Cameroun est passée de 40 % dans les années 1990 à 10 % aujourd’hui », a confiait le diplomate.


Pendant 08 ans(entre 2012 et 2020), la Guinée Équatoriale a poursuivi la France devant la Cour internationale de justice(CIJ), dans un procès hautement médiatisé, sur la saisi d'une propriété d'une valeur de 107 millions d'euros située dans l'un des quartiers les plus huppés de la capitale française qui était devenu la représentation diplomatique du pays à Paris.


"La France comptait par ce sommet sur leur trahison et le parricide de certains de la société civile, des ONG, de certains hommes d’affaires ayant vendu père, mère et enfants pour évoluer dans l’entreprenariat privé, et des hommes politiques dont l’arrivée au pouvoir et les aisances qu’il offre restent le seul but à atteindre, peu importe le prix de la honte", soutient le journaliste camerounais Simon Ngaka.


Pourtant conviée à la couverture des assises de Montpellier, l'invitation de Paris adressée à la chaîne panafricaine Afrique Média est restée sans nouvelle. Le média d'influence neo-panafricaniste qui irradie les États francophones depuis plus d'une décennie - et considéré comme la vitrine de la contestation anti-française - n'a visiblement pas jugé utile d'effectuer le déplacement pour un sommet dont la légitimité, et le but véritable, ont été vertement dénoncés par son audience.



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