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Mali / Nécrologie : Soumaila Cissé le chef de l’opposition n’est plus



Le principal opposant malien Soumaïla Cissé, qui avait été retenu en otage pendant plus de six mois par des jihadistes, est mort ce vendredi à Paris en France. A en croire des membres de sa famille et de son parti politique, la Covid-19 serait la cause de son décès.


L' homme politique



Après avoir occupé les postes de ministre des Finances en 1993, ministre des Finances et du Commerce en 1994, de nouveau ministre des Finances en 1997 et ministre de l’Équipement, de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme en 2000. Il démissionne du gouvernement en janvier 2002, pour se consacrer à la préparation de l’élection présidentielle. Il est investi par l’Adéma-PASJ comme candidat pour la succession d’Alpha Oumar Konaré. Arrivé en deuxième position au premier tour, il est battu par Amadou Toumani Touré, au second tour, obtenant 35 % des voix. Considérant avoir été trahi par le président Alpha Oumar Konaré, il quitte l’Adéma-PASJ, avec une partie des militants, pour fonder l’Union pour la République et la démocratie (URD) en juin 2003.Soumaïla Cissé est président de la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 2004 à 2011. Quelques années après, en 2013 il se présente à nouveau au scrutin présidentiel et arrive deuxième au premier tour et affronte Ibrahim Boubacar Keïta au second tour. Il reconnaît sa défaite avant même la fin du dépouillement des bulletins de vote. Les résultats finaux le créditent de 22,4 %, contre 77,6 % pour Ibrahim Boubacar Keïta.Candidat à l'élection présidentielle de 2018, il arrive une nouvelle fois en deuxième position du premier tour, avec 17,8 % des suffrages selon les résultats officiels, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta arrivant en tête avec 41,7 % des voix. C'est la première fois qu'un président sortant se retrouve en ballotage pour un second tour dans l'histoire du Mali. L’opposition dénonce des fraudes électorales et Soumaïla Cissé appelle à un « front démocratique » contre le président sortant tout en déposant des recours contre les résultats de l'élection. Il ne parvient toutefois pas à rallier le soutien des candidats éliminés. Il est battu au second tour, obtenant 32,8 % des voix. Il conteste sa défaite, dénonçant des fraudes.


Enlèvement de Soumaila cissé



C' est un 25 mars 2020, durant la campagne pour les élections législatives, que le convoi de la figure emblématique de l opposition est attaqué par des hommes à moto. Sur place, son garde du corps est tué, deux de ses proches sont blessés, Cissé et onze membres de son équipe de campagne sont enlevés. Cinq des otages seront ensuite libérés pour aller annoncer aux autorités maliennes que Cissé était gardé vivant. La piste de djihadistes d'Amadou Koufa, liés à Al-Qaïda, est privilégié mais, dans le contexte sécuritaire et politique du Mali, elle n'est pas confirmée. Durant sa détention, Soumaïla Cissé est réélu au premier tour des législatives, le 29 mars. Des négociations sont menées par le maire de Niafounké et un groupe de notables de la région avec ses ravisseurs. Le 3 avril, des otages sont libérés mais pas Cissé. Le 16 juin 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta affirme savoir que Cissé est toujours vivant. Le 21 août suivant, le Comité international de la Croix-Rouge annonce que Soumaïla Cissé a pu transmettre des lettres à sa famille, qui était sans contact avec lui depuis des mois. C'est finalement le 9 octobre 2020, un peu plus de six mois après son enlèvement, qu'il est libéré en même temps que l'otage française Sophie Pétronin et deux autres otages italiens.

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