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La Cédéao décide de créer une force régionale face au djihadisme et aux coups d'Etat



Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont décidé ce dimanche 3 décembre à Abuja, Nigeria, la création d'une force régionale vouée à intervenir non seulement contre le djihadisme mais aussi en cas de coup d'État, comme la région en a connu plusieurs depuis deux ans, a indiqué un haut responsable.


Selon le Omar Touray, président de la commission de la Cédéao, « Les dirigeants de la Cédéao ont décidé de recalibrer notre architecture sécuritaire ».



Pour le président de la commission de la Cédéao, il s'agit de prendre en main leur « propre sécurité » et non plus de s'en remettre à des acteurs extérieurs. Ils sont « résolus à établir une force régionale qui interviendra en cas de besoin, qu'il s'agisse de sécurité, de terrorisme ou de rétablir l'ordre constitutionnel dans des États membres », a-t-il déclaré.


Il faut noter que, plusieurs pays de la région sont en proie à la propagation djihadiste qui, partie du nord du Mali, a gagné le centre de ce pays, mais aussi le Burkina Faso et le Niger, et s'étend vers le sud et le golfe de Guinée et face à cela, les armées nationales sont largement impuissantes et coopèrent avec des acteurs extérieurs comme l'ONU, la France ou encore la Russie.



Lors de cette rencontre, les chefs des États membres de la Cédéao ou leurs représentants ont aussi exigé que la junte au pouvoir au Mali libère avant le 1er janvier, 46 soldats ivoiriens détenus depuis juillet, pour atteinte à la sécurité de l’Etat. À défaut, la Cédéao prendra des sanctions, a déclaré M. Omar Touray.


Des responsables militaires de la région se réuniront dans la deuxième moitié de janvier pour discuter des modalités d'établissement de la force régionale, a dit M. Touray. Ils ont décidé pour le financement de ne pas s'en remettre uniquement aux contributions volontaires qui ont déjà montré leurs limites. Ils se sont aussi penchés sur la situation politique au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.



La Cédéao, inquiète d'instabilité et de contagion, fait pression depuis des mois pour un retour aussi rapide que possible des civils à la tête de ces pays, dont deux, le Mali et le Burkina, sont gravement ébranlés par la propagation jihadiste. Le Mali et le Burkina ont été le théâtre de deux putschs en l'espace de moins d'un an.


Les dirigeants ouest-africains ont examiné les actes accomplis par les uns et les autres sur la voie de ce qu'ils appellent un « retour à l'ordre constitutionnel ».



Au Mali, « Il faut absolument que l'ordre constitutionnel revienne dans les délais prévus », a dit M. Touray. Si les militaires maliens respectent l'échéance annoncée de mars 2024 après des mois de confrontation politique avec la Cédéao et un sévère embargo commercial et financier aujourd'hui levé, la « transition » aura en fait duré trois ans et demi.


En Guinée, M. Touray a pressé la junte d'associer « immédiatement » et « sans exception » les partis politiques et la société civile au processus devant ramener les civils au pouvoir.



Les principaux partis et une bonne partie de la société civile boycottent l'offre de dialogue de la junte. Si ce dialogue n'est pas possible en Guinée même, la junte doit examiner la possibilité qu'il ait lieu dans un autre pays de la Cédéao, a dit M. Touray.


Quant au Burkina, M. Touray a exprimé « les sérieuses inquiétudes » de la Cédéao devant l'évolution sécuritaire et la crise humanitaire. Il a affirmé la volonté de la Cédéao de soutenir le Burkina.