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Israël - Maroc / Normalisation : le Hamas dénonce un « pèche politique »



Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a qualifié ce jeudi 10 Décembre de « péché politique » l’accord de normalisation des relations entre Israël et le Maroc.


« C’est un péché politique qui ne sert pas la cause palestinienne et encourage l’occupation (nom donné par les responsables palestiniens à Israël) à continuer de nier les droits de notre peuple », a déclaré Hazem Qassem, le porte-parole du Hamas. Ce dernier a par ailleurs accusé l'Etat hébreu "d'instrumentaliser" ces accords pour justifier "l'augmentation des colonies" en Cisjordanie. "La normalisation du Maroc avec l’occupation israélienne est une trahison de Jérusalem et de la Palestine", a déclaré le Jihad islamique. "Nous sommes convaincus que le peuple marocain refusera catégoriquement cette normalisation."Plus de 450.000 Israéliens sont installés dans des implantations en Cisjordanie, territoire où vivent environ 2,8 millions de Palestiniens, ce qui selon l'ONU et l'Union européenne complique la mise en oeuvre d'une solution à "deux Etats", un Etat palestinien viable aux côtés d'Israël.


Grace à la médiation des Etats-Unis, le Maroc a été le quatrième pays arabe à normaliser ses relations avec Israël. « Une autre percée historique aujourd’hui ! Nos deux grands amis, Israël et le Royaume du Maroc, ont convenu de relations diplomatiques complètes, une percée massive pour la paix au Moyen-Orient ! », a écrit Trump dans un tweet ce 10 Décembre. Ce post a été suivi immédiatement d’un autre dans lequel le président américain indique que « le Maroc a reconnu les États-Unis en 1777. Il convient donc que nous reconnaissions leur souveraineté sur le Sahara occidental ».



Les premières réactions officielles


Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est contrôlé pour l'essentiel par le Maroc qui propose une large autonomie sous sa souveraineté. Le Front Polisario réclame, lui, un référendum d'autodétermination prévu par un accord de cessez-le-feu signé en 1991 sous l'égide de l'ONU. Insistant sur « le rôle historique que le Maroc a toujours joué dans le rapprochement des peuples de la région », le roi du Maroc Mohamed VI a confirmé qu'il allait « reprendre des relations diplomatiques » avec Israël « dans les meilleurs délais ». Sur le Sahara occidental, Mohamed VI a exprimé au président américain sa « profonde gratitude » pour cette « prise de position historique ».

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué un accord « historique », disant que son pays allait « mettre en place des bureaux de liaison, puis des relations diplomatiques directes et des vols directs entre les deux pays ». Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a dénoncé cette nouvelle normalisation entre un pays arabe et Israël. « C’est un péché politique qui ne sert pas la cause palestinienne et encourage l'occupation (nom donné par les responsables palestiniens à Israël) à continuer de nier les droits de notre peuple », a réagi Hazem Qassem, son porte-parole. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, à qui Mohammed VI a dit avoir assuré qu'il ne renoncerait « jamais à son rôle dans la défense des droits légitimes du peuple palestinien », n'a pas fait de commentaires dans l'immédiat.


Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, dont le pays est lié depuis 1979 par un traité de paix avec Israël, s'est lui félicité de l'annonce américaine. Il a salué un « pas important vers davantage de stabilité et de coopération régionale » au Moyen-Orient. L'Espagne, ancienne puissance coloniale au Sahara occidental, a dit se « réjouir » de cette normalisation, comme celles des semaines passées. « Maintenant, il reste à résoudre le problème de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens et il reste à résoudre la position sur le Sahara occidental », a indiqué le ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez. Le Front Polisario, soutenu par Alger, et le gouvernement sahraoui « condamnent dans les termes les plus forts le fait que (...) Donald Trump attribue au Maroc ce qui ne lui appartient pas », à savoir la souveraineté sur le Sahara occidental, a indiqué le ministère sahraoui de l'Information. Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres « pense (...) que la solution à cette question peut toujours être trouvée sur la base des résolutions du Conseil de sécurité ».

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