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Histoire : 4 juillet 1960, mutinerie de la Force Publique au Congo, intervention des troupes belges.



Ce jour-là, soit 4 jours seulement après la proclamation de l'indépendance du Congo (et à peine les festivités de l’indépendance sont-elles terminées), le Congo entre dans une des phases les plus dramatiques de son histoire : la mutinerie de la Force publique, qui entraîna l’effondrement de l’appareil administratif, l’exode massif des agents belges de l’administration coloniale, puis l’intervention des troupes métropolitaines.



Tout était parti des soldats des garnisons de Léopoldville (Kinshasa) et de Thysville (Mbanza-Ngungu) de la Force Publique qui s'étaient opposés à leurs officiers blancs (Belges). A l'exception de 10 adjudants nommés peu avant l'indépendance, aucun soldat congolais n'a pu avancer au-delà du grade de sergent au 30 juin 1960. Beaucoup espéraient que l'indépendance entraînerait des promotions immédiates et des gains matériels, mais seront déçus, surtout par le Premier ministre Patrice Lumumba, qui avait nommé un colonel impopulaire, Van Hoorebeke, à un poste élevé au sein du ministère de la Défense du nouveau Congo indépendant.



Le matin du 5 Juillet, le Général Belge Janssens (qui est toujours le commandant en chef de l'armée au Congo) convoqua toutes les troupes en service au camp Léopold II. Il exigea que l'armée maintienne sa discipline, en écrivant sur un tableau dans la salle "avant l'indépendance = après l'indépendance", une manière pour lui de souligner que l'armée devrait rester ce qu'elle a toujours été même avant l'indépendance. C'est la phrase qui va tout enflammer. Cette mutinerie ne durera que deux jours et ne concernera que deux garnisons (celles de Léopoldville et de Thysville); mais elle est cependant suivie d’un mouvement de panique dans tout le Congo, panique des soldats devant une possible réaction de représailles des officiers blancs et des troupes belges, panique des Européens devant des soldats nerveux et en débandade.



Le 7 juillet, des négociations sont officiellement lancées avec les mutins. Décision est prise par le Premier ministre Lumumba d'africaniser la hiérarchie militaire. Victor Lundula (ancien adjudant de la Force Publique) fut promu Général et Commandant en chef de l’armée, tandis que l’ancien sergent Joseph-Désiré Mobutu était nommé colonel et Chef d’état-major. Le même jour, la Force Publique fut rapidement débaptisée "Armée Nationale Congolaise" (ANC) et tous les chefs des mutins furent élevés au grade supérieur. Lumumba annonça aussi le renvoi du général belge Janssens.


Cette mutinerie provoqua un effondrement généralisé consécutif aux interventions unilatérales des troupes métropolitaines et à une africanisation précipitée, entérinée pour ne pas dire provoquée par les autorités congolaises.

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