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Gabon / Remaniement ministériel : le gouvernement connait quelques réajustements dans sa composition



L’équipe gouvernementale gabonaise a connu ce 9 décembre, quelques réajustements dans sa composition.


Après la démission de Jean-Marie Ogandaga du poste de ministre de l’Economie et de la Relance, le président de la République a procédé à un léger remaniement du gouvernement. Alors désignée pour assurer le traitement des affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau ministre, Nicole Jeanine Roboty, épouse Mbou, jusque-là ministre déléguée, s’est finalement vu titularisée à ce poste. La nouvelle promue est diplômée de l’Université Paris I (Panthéon Sorbonne) et du Centre d’études financières, économiques et bancaires (CEFEB). Elle a été directeur général adjoint de la dette avant son entrée en juillet dernier au gouvernement.


Léon Armel Bounda Balonzi quant à lui conserve le portefeuille des Travaux publics, de l’Equipement et des Infrastructures, mais perd le volet des Transports attribué à Brice Constant Paillat, son ancien ministre délégué. Jusqu’ici directeur général de l’Agence nationale de l’urbanisme des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), Olivier Nang Ekomye a été promu ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme.


Faut-il le rappeler, Aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer la démission de Jean-Marie Ogandaga du poste de ministre de l’Economie et de la Relance. Et rien, dans l’attitude de ce dernier, ne la laissait présager. En effet, du matin du 8 décembre jusqu’à 17 heures, Ogandaga était encore auditionné au Sénat où, avec son collègue du Budget, Sosthène Ossoungou, ils défendaient le projet de loi de finances 2021. Alors que ses collaborateurs attendaient la fin de la séance pour lui soumettre divers dossiers en attente, ils ont été informés en début de soirée de la tournure des événements.


Une démission et des questions


Soupçonné par une partie de l’opinion d’avoir touché des pots-de-vin en contrepartie de nombreux abattements fiscaux accordés généreusement à plusieurs entreprises, le ministre de l’Économie et de la Relance a-t-il voulu sauver son honneur en déposant son tablier ? Ou y a-t-il d’autres raisons cachées justifiant son acte ? Pris dans la spirale des révélations en cascade sur des abattements fiscaux et douaniers extrêmement généreux accordés à plusieurs entreprises de la place, le ministre de l’Économie et de la Relance, Jean-Marie Ogandaga, a-t-il cédé à la pression populaire et médiatique en déposant sa lettre de démission auprès de la Première ministre, Rose Christiane Ossouka ? Ou, comme le supposent certains, mis sous pression, il y a été contraint afin de coller au nouveau sacro-saint credo de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption ?


À défaut d’avoir des explications réelles du concerné ou de la cheffe du gouvernement, naturellement au fait des mobiles de la démission d’un membre de son équipe – l’opinion ne peut se contenter, pour l’instant, que de suppositions et autres conjectures. Même si la chronologie des événements peut donner des pistes pour comprendre la décision surprise du désormais ex-ministre de l’Économie. En effet, depuis plusieurs semaines, de nombreux documents "confidentiels" du ministère de l’Économie ont fuité sur la toile, montrant nombre d'exemptions et accords transactionnels de plusieurs milliards de francs accordés gracieusement à plusieurs majors dont Total Gabon, Perenco ou encore MCTT. Des abattements de l’ordre de 90 %. Ces documents, dit-on, auraient été "balancés" par certains agents des régies financières en représailles à l’intransigeance affichée par Jean-Marie Ogandaga concernant le règlement de leurs primes et la nouvelle méthode de calcul des primes adoptée lors du Conseil des ministres du 20 novembre 2020. Face à ces révélations, le ministre n’a pas souhaité s’expliquer publiquement, préférant communiquer, pour la première fois, le 25 novembre dernier, sur sa page Facebook. Pour lui, ces informations sont totalement erronées et pourraient même valoir à leurs auteurs des poursuites judiciaires.


Mais plusieurs autres révélations vont enflammer la toile dont celle de l’abattement exceptionnel accordé par Jean-Marie Ogandaga au maire de Port-Gentil, Gabriel Tchango, via sa société FORASERV, spécialisée dans la logistique pétrolière. Sommée de payer le montant de 1,5 milliard de francs lors d’un redressement fiscal, l’entreprise va introduire une demande de remise gracieuse auprès du ministre.

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