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France/Afrique : 60 ans de guerre sur le continent, pour quel résultat ?



La France est intervenue militairement à près de quarante reprises sur le sol africain au cours des 60 dernières années.


Ces opérations ont été menées au nom de la protection des populations civiles ou encore des droits de l’Homme ou même, de la lutte contre le terrorisme. Après de nombreuses interventions en solitaire, la France a été à partir des années 2000 le fer de lance d’opérations militaires aux côtés de troupes occidentales ou de l’ONU.



SAHEL

En janvier 2013, la France lance l’opération Serval visant à stopper la progression vers le sud du Mali des groupes terroristes et à soutenir les troupes maliennes. Fer de lance d’une intervention militaire internationale, l’opération n’a fait qu’empirer la situation sécuritaire au Mali. Les Autorités maliennes le confirment, avec la présence des troupes d’occupation française sur le sol malien, le Nord du pays s’est transformé en un no mans land et pratiquement 80 % du territoire malien se sont retrouvés aux mains des terroristes.

L’ancienne puissance coloniale, qui a déployé pendant plusieurs années des milliers de militaires dans cette zone - jusqu’à 5 100 hommes - est désormais persona non grata au Mali que ses troupes s’apprêtent à quitter d’ici la fin de l’été.

Désormais l’armée française tente encore de se redéployer dans les pays d’Afrique de l’Ouest.



CENTRAFRIQUE

1979 : Opération parachutiste française Barracuda qui conduit à l’éviction de l’empereur Bokassa.

1996-1997 : Après des mutineries, l’opération Almandin assure la sécurité des étrangers et l’évacuation de 1 600 personnes, puis Paris intervient contre les Centrafricains à Bangui après l’assassinat de deux militaires français.

2006 et 2007 : Intervention dans le nord-est prétendument pour appuyer les troupes de Bangui face à des rebelles.

2013 : Après le coup d’État contre le président François Bozizé, Paris déploie suite au feu vert de l’ONU plus d’un millier de soldats en Centrafrique dans le cadre de l’opération Sangaris, pour y faire cesser les violences intercommunautaires.

Sangaris, qui a compté jusqu’à 1 600 hommes, est restée en place jusqu’en 2016. Résultat des courses, près de 80 % du territoire centrafricain se trouvaient sous le contrôle des groupes rebelles et l’armée centrafricaine avait entièrement été décimée.



LIBYE

2011 : Sans aucune concertation avec les pays africains, et l’Union africaine et dans le cadre de l’OTAN, intervention militaire française Harmattan menée aux côtés des Britanniques et des Américains pour attaquer l’armée libyenne.

Jusqu’à 4 200 militaires français, 40 avions, une vingtaine d’hélicoptères et 27 bâtiments de la Marine nationale sont engagés dans l’opération.

Sept mois de frappes aériennes entraînent la chute de Mouammar Kadhafi. Cette guerre a installé le chaos total en Libye et par-dessus tout, cela a permis d’étendre le terrorisme en Afrique et principalement dans le Sahel.



COTE D’IVOIRE

2002 : La mission française Licorne est devenue une force de réaction rapide en appui d’une opération de l’ONU.

En 2011, la France joue un rôle décisif dans le renversement de l’ex-président Laurent Gbagbo et l’arrivée au pouvoir de son homme de main Alassane Ouattara. Une décision dévastatrice pour le peuple ivoirien qui a provoqué la mort de milliers de civils dans le pays.

En 2015, après douze ans, la force Licorne se transforme en Forces françaises en Côte d’Ivoire, considérées comme des occupants dans le pays.



TCHAD

Le Tchad, avec la base française de N’Djamena, est une plaque tournante des opérations extérieures de la France en Afrique.

Après une intervention au Tibesti (1968-1972), les soldats français au Tchad ont mené notamment l’opération Manta (1983-1984) pour mieux encercler la Libye. Depuis 1986, la France maintenait à N’Djamena un dispositif militaire à dominante aérienne baptisé Epervier, qui a pris fin en août 2014. Le Tchad héberge aujourd’hui l’état-major de l’opération française de Barkhane. Et le Tchad se trouve toujours exposer à des attaques de rebelles venant principalement du sud de la Libye.