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Ethiopie : les Etats-Unis au secours des séparatistes du tigre par des sanctions contre l’Érythrée



Alors que les rebelles du Front populaire de libération du Tigré (TPLF) ont désormais prolongé la zone de conflit de la province du Tigré vers les provinces d'Amhara et d'Afar, Washington a annoncé, le 23 août, des sanctions contre le chef de l'état-major érythréen, le général Filipos Woldeyohannes. Celui-ci est accusé d'exactions attribuées aux forces érythréennes dans le cadre du conflit dans la région éthiopienne au Tigré. Une décision qui intervient au moment que le gouvernement éthiopien dénonce d’atroces crimes commis par les troupes du TPLF avec des centaines d’enfants massacres et des bombardements sur des villages en région Amhara et Afar.


D'après le trésor américain qui vient de geler les avoirs du général et interdit tout citoyen américain de faire affaire avec lui, le chef de l'état-major est visé pour son implication en tant que « dirigeant d’une entité engagée dans de graves violations des droits humains commises durant le conflit actuel au Tigré », a indiqué le Trésor américain dans un communiqué.


Des allégations que rejette vivement l'opinion éthiopienne qui y voit plutôt une façon de vouloir freiner le soutien des troupes érythréennes à l'Éthiopie dans la lutte contre les sécessionnistes du Tigré.



"Les sanctions américaines contre le chef de l'état-major érythréen , auraient dû être appliquées au criminel de guerre Ghetachew Redda qui est d’ailleurs poursuivi pour crimes en Ethiopie et fait  l'objet d'un mandat d’arrêt. Sanctionner le général Filipos Woldeyohannes est vraiment absurde, surtout au moment où les sois disantes violations des droits de l’homme qui auraient été commises par l’armée érythréenne, il y a 8 mois au Tigré, n’ont pas été prouvées malgré le cessez-le-feu et le retrait total de l’armée éthiopienne du Tigré; qui aurait dû permettre de chercher et de trouver d’éventuelles preuves", martèle un observateur très averti de la politique sécuritaire éthiopienne.


Des sanctions qui interviennent malgré la prise de position onusienne radicale sur la question, dont les fonctionnaires ont confirmé, depuis mars 2021, qu'il n'y avait pas de preuves concrètes d'abus commis sur les populations civiles par des troupes érythréennes. "Alors pourquoi cette décision de sanctions à l’égard du Général qui a surpris tous ceux qui s’intéressent à la crise éthiopienne y compris les représentants des Nations-Unies en Ethiopie ?", martèle un membre de la société civile. 


Pour beaucoup, cette décision est motivée par l’inquiétude face aux revers militaires subis, dernièrement, par le TPLF sur tous les fronts ouverts en Ethiopie et par des considérations purement politiques. Le but serait, entre autres, de détourner l’attention sur les crimes atroces perpétrées en Ethiopie ces dernières semaines par le TPLF.


Les Américains voudraient aussi prévenir une intervention érythréenne dans le conflit en soutien à son allié éthiopien, très crainte par le TPLF.


Le retrait des troupes érythréennes du Tigré a permis au TPLF de sortir du Tigré pour attaquer avec la bénédiction de Washington les régions d'Afar, Amhara et Oromo. L’objectif étant celui d’affaiblir le gouvernement d'Abiy Ahmed et de l’obliger à négocier avec le mouvement terroriste. 


Le TPLF demande à ses alliés américains d’empêcher à tout prix un retour des Érythréens. Pourtant, les analystes militaires estiment que l’Ethiopie n’aurait pas besoin d’une intervention érythréenne pour en finir avec le TPLF. La détermination du gouvernement et de l’armée éthiopienne ainsi que le grand soutien de la population observé, ces derniers temps, permettraient d’éviter la déstabilisation et l’éclatement du pays souhaitée par le TPLF et ses alliés extérieurs.


Le désastre de la politique américaine en Libye, Syrie et actuellement en Afghanistan ne semblent pas avoir servi de leçon. 

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