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Entretien/ ONE Campaign: "la lutte contre la pauvreté n’est pas une question de charité" Assogbavi.



Désiré Assogbavi est le directeur Afrique francophone de ONE. Juriste et expert en développement international, Désiré a été successivement Représentant Résident auprès de l'Union Africaine et Directeur des Bureaux de Liaison d' Oxfam International, de Plan International et du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) pendant 13 ans cumulés, où il a travaillé sur un large éventail de questions, y compris la justice sociale et économique, la diplomatie humanitaire, la sécurité humaine, la gouvernance démocratique, la justice de genre et la jeunesse.


Désiré est titulaire d'une maîtrise en droit international et sciences administratives et d'un diplôme professionnel en gestion et comptabilité. Il parle français et anglais.


Journaliste : M. Désiré Assogbavi vous êtes juriste et expert en développement international, Directeur pour l’Afrique francophone de ONE Campaign. Quel est votre rôle au sein de la grande équipe de di- rection mondiale de ONE ?

Désiré Assogbavi : Je suis en effet le Directeur pour l’Afrique Francophone et aussi membre du conseil de direction pour la région Afrique. Je coordonne donc nos campagnes et plaidoyer dans le pays d’expression francophone en d’Afrique avec comme objectifs d’influencer les politiques publiques en termes de lutte contre l’extrême pauvreté. Présentement nous nous focalisons sur l’emploi des jeunes et la sécurité alimentaire.


Journaliste : En quelques phrases, c’est quoi ONE Campaign ?

Désiré Assogbavi : ONE est un mouvement mondial qui fait campagne pour mettre fin à l’extrême pauvreté et aux maladies évitables d’ici 2030, afin que chacun, partout, chacun puisse mener une vie digne et riche en opportunités ; Nous pensons que la lutte contre la pauvreté n’est pas une question de charité, mais de justice et d’égalité.

Qu’il s’agisse de faire pression sur les dirigeants politiques dans les capitales mondiales ou de mener des campagnes de pointe à la base, ONE œuvre pour que les gouvernements en fassent plus pour éradiquer l’extrême pauvreté et les maladies évitables, en particulier en Afrique, et donne aux citoyens les moyens de demander des comptes à leurs gouvernements.

Nous sommes présents en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord.


Journaliste : La 36e session ordinaire de l’Assemblée de l’UA s’est achevée 19 février 2023 à Addis-Abeba, en Éthiopie. ONE a-t-elle été présente ?

Désiré Assogbavi : Effectivement ONE y était représentée par une délégation dirigée par notre Directrice Exécutive pour l’Afrique. Nous avions également, parmi nous des champions qui sont des jeunes que nous formons à la citoyenneté active et à l’impulsion au change- ment positif. Nous avons eu l’opportunité d’échanger avec plusieurs délégations étatiques y compris des chefs d’états et représentants d’institutions internationales sur la ZLECA, la sécurité alimentaire et l’emploi des jeunes entre autres.


Journaliste : Le thème de ce sommet ordinaire de l’UA est « Accélération de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) ». Selon votre communiqué parvenu à la rédaction de 2RP, le continent n’a fait que de légers progrès dans l’exécution de l’accord ZLECAF. La ZLECAF est-elle si importante pour vous ?

Désiré Assogbavi : Absolument, le continent n’a malheureusement pas fait de progrès notoire dans la mise en œuvre effec- tive de la ZLECA. Par exemple, le traite pour la libre circulation des personnes, des biens et des services qui est très capitale pour la réalisation de la zone de libre-échange n’a été ratifié que par 4 pays sur les 55. Cette situation est d’autant plus déplorable quand on sait que la ZLECAF a un énorme potentiel. En effet, comme nous l’avons mis en exergue dans notre communiqué, si elle est mise en œuvre rapidement et correctement, la Zone de Libre Echange Continental Africaine pourrait contribuer à résoudre les problèmes urgents du continent et à réaliser les aspirations de l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cela permettrait de créer 17,9 millions de nouveaux emplois et de sortir 50 millions de personnes de l’extrême pauvreté d’ici 2035. C’est pourquoi nous y tenons particulièrement et œuvrons pour son ef- fectivité.


Journaliste : Pour vous, y’a-t-il un lien entre ZLECAF et le changement climatique ?

Désiré Assogbavi : C’est une excellente question. Il existe, en effet, un lien étroit entre le commerce et l’environnement de manière générale et plus spécifiquement le change- ment climatique. La ZLECAF recoupe l’agenda vert à travers des dispositions spécifiques dans ses pro- tocoles et les stratégies adoptées pour conduire sa mise en œuvre.

Elle pourrait, donc, si elle est bien exploitée, être un excellent catalyseur du commerce durable de la biodiversité et un moteur essentiel de l’adaptation et de la résilience aux changements climatiques. Aujourd’hui, l’agriculture et l’agroalimentaire constituent des activités clés, et même indispensables pour mettre en œuvre la ZLECAF en Afrique. Nous n’avons pas pour l’instant d’autres choses à échanger en attendant l’industrialisation. On a donc be- soin d’un climat propice pour y parvenir.


Journaliste : Du point de vue de la ZLECAF, à quoi pourrait ressembler une réponse au changement clima- tique menée par l’Afrique ?

Désiré Assogbavi : Vue, du côté, création de revenue, La ZLECA pourrait et devrait constituer une étape importante vers la réalisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine pour la transformation socio-économique du continent. Elle pourrait donc, contribuer à renforcer la résilience et l’adaptation du continent aux changements climatiques.


Journaliste : Dans votre communiqué reçu à notre rédaction, Dorine Nininahazwe, Directrice de l’UA et de l’Afrique de l’Est de ONE Campaign, a déclaré : « la ZLECAf est une vaste région de libre-échange regroupant les 55 etats-membres de l’UA et huit communautés économiques régionales. » Peut-o