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Diplômatie: le Burkina Faso demande le départ de l'ambassadeur de France au Burkina



Nouvelle étape dans la brouille diplomatique entre le Burkina Faso et la France. Sur fond d’instabilité politique et de menace djihadiste grandissante, le Burkina Faso ne veut plus de l’actuel ambassadeur de France sur son sol.


À Ouagadougou, les autorités ont demandé ce lundi 2 janvier 2023 à la France, de rappeler son ambassadeur accrédité au pays, Luc Hallade. Ils estiment qu'il n'est plus un « interlocuteur fiable » et ne souhaitent plus travailler avec lui.


La ministre burkinabé des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, a demandé à Paris « un changement d'interlocuteur ». D’après certaines sources, les autorités burkinabè ont précisé que, « La question n'est pas de savoir qui est notre ambassadeur là-bas, mais de savoir ce que nous voulons faire de notre relation bilatérale ».


Rappelons que, l'expulsion de M. Hallade intervient moins de deux semaines après que la coordinatrice résidente et humanitaire des Nations unies au Burkina Faso, Barbara Manzi, a également été déclarée persona non grata. L'ambassade de France a été attaquée à deux reprises ces derniers temps par des manifestants réclamant le départ des troupes françaises du pays.


Dans ce contexte, le Premier ministre burkinabè, Apollinaire Joachimson Kyelem de Tambela, a récemment invité la Russie à « prendre sa place » dans ce pays africain, quelques jours après que le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, a dénoncé que Ouagadougou avait accepté le déploiement de mercenaires du groupe Wagner, propriété d'un oligarque proche du président russe Vladimir Poutine.


Si les autorités n’ont pas donné les raisons de leur demande, plusieurs sources soutiennent qu’elles sont en partie liées à une lettre envoyée par Luc Hallade aux ressortissants français de Koudougou le 12 décembre 2022. Dans ce courrier, l’ambassadeur invitait « avec insistance » ses compatriotes habitant cette ville, située à 100 kilomètres à l’ouest de Ouagadougou, à se « relocaliser » dans la capitale ou à Bobo-Dioulasso, dans le sud-ouest du pays.


Il faut préciser que, la menace djihadiste ne cesse de progresser au pays des Hommes intègres depuis 2015, au point que plus de 40 % du territoire échappe aujourd’hui au contrôle de l’Etat. Koudougou, troisième ville la plus peuplée du pays, « est passée en zone rouge [et donc formellement déconseillée aux Français par le Quai d’Orsay] depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022 », précisait Luc Hallade, avant de souligner que « rester à Koudougou représentait un risque important ».

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