Crise sécuritaire en zone CEMAC : des émissaires équato-guinéens et tchadiens reçus à Yaoundé



Le chef de l'Etat camerounais Paul Biya, président en exercice de la Communauté Économique et Monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC) a reçu en audience, ce 18 février, des émissaires de la Guinée Équatoriale et du Tchad. Baltasar Engonga Edjo’o et Ahmat Abakar Adjid étaient respectivement porteurs d’un pli fermé de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et Idriss Déby Itno.


D'après de nombreuses indiscrétions, la rencontre a porté sur les fortes pressions sécuritaires au sein de la CEMAC, qui connaît une recrudescence de bandes armées, souvent terroristes. Un péril sécuritaire sur la sous-région.


Les envoyés spéciaux auraient avec le Chef de l'Etat évoqué la reprise du contrôle total du corridor Douala-Bangui-Douala, côté centrafricain par les Forces de défense et de sécurité de RCA, appuyé par leurs alliés russes et rwandais. La ville de Cantonnier est sous contrôle de l’armée, et la voie est libre, il ne reste qu’aux autorités camerounaises d’ouvrir leur frontière au millier des véhicules marchandises en provenance du Cameroun qui sont bloqués du côté camerounais.


L'instabilité en RCA affecte la sécurité de plusieurs pays de la sous-région. Un putsch avait déjà été déjoué en Guinée équatoriale dans la nuit du 27 au 28 décembre 2018. Une partie du commando avait été arrêtée au Cameroun. D’autres membres sont toujours en fuite. Une partie du commando, composée d’Équato-Guinéens, de Tchadiens et de Camerounais, s'est retrouvée à Ebebiyin, une ville à la frontière camerounaise, à moins de 100 km de Mongomo où se trouvait alors le chef de l’État. Ils auraient été menés par « un général équato-tchadien proche de Gabriel Nse Obiang Obono« , le président du parti d’opposition Citoyens pour l’innovation (CI, qui compte un unique député à l’Assemblée nationale).


Le Cameroun, tout comme le reste des États de la sous-région de l’Afrique Centrale, est au cœur des rivalités et convoitises des puissances extérieures. Des acteurs multiples – États, entreprises multinationales, cartels divers… – sont attirés par cet espace de fragilités et s’insèrent avec leurs propres stratégies. Au cœur de ces rivalités nouvelles, l’Afrique, riche de ses matières premières, de ses ressources hydro-électriques et solaires, de ses 60 % de réserves mondiales de terres cultivables redevient une priorité mondiale avec une incitation forte à l’ingérence.


La France est ici directement pointée du doigt dans l'organisation et l'équipement de groupe armés, des rébellions et des dissidences, etc. Leur capacité d’action est puissante et significative, ce qui est susceptible d’avoir un impact durable sur les équilibres des États de la sous-région et de permettre à des États en rivalités pour la prise de contrôle des richesses, de se positionner économiquement et militairement.

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