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Crise en Ukraine : Échanges téléphoniques entre Macky Sall et Vladimir Poutine pour un cessez-le-feu



Le président en exercice de l’Union africaine (UA) a sollicité un cessez-le-feu durable en Ukraine, ce mercredi 09 mars lors d’un échange téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine. « Je me réjouis de mon entretien de ce matin avec le président Poutine en ma qualité de président de l’Union Africaine pour solliciter un cessez-le-feu durable en Ukraine. Je salue son écoute et sa disponibilité à maintenir le dialogue pour une issue négociée du conflit », a déclaré le président Macky Sall au terme de l’échange.


Le 02 mars, les États africains s’étaient largement abstenus lors du vote d’une résolution exigeant à la Russie un arrêt immédiat des opérations militaires en Ukraine. Au total, 25 de pays africains avaient alors décidé de ne pas prendre position. Malgré une proximité politique annoncée avec la France, le Sénégal s’est abstenu de prendre position. Le président Macky Sall – également président en exercice de l’Union africaine – a rappelé dans un communiqué « l’attachement » de Dakar « au respect de l’indépendance et de la souveraineté des États » tout en réaffirmant « son adhésion aux principes du non-alignement ».


Une distance marquée des pays africains


Il y a une certaine prudence à ne pas s’engager dans un camp ou dans l’autre dans un conflit qui ne concerne pas directement les États africains, souligne le professeur Mor Ndao, historien sénégalais : « Il est difficile de prendre position parce que la Russie a contribué de façon significative à l'accompagnement des mouvements de libération nationale de l'Angola, du Mozambique, de la Guinée-Bissau, du Cap-Vert, de l'Afrique du Sud. Le cordon ombilical n'a jamais été coupé. Et l'Otan et le bloc occidental ont un certain contentieux avec les États africains, notamment par exemple sur la gestion de la crise libyenne et ses répercussions sur la géopolitique du Sahel en Afrique. Donc je crois que c'est tous ces aspects qui invitent les États africains à une certaine distance par rapport à ce conflit. C'est une position sage qui permet même à l'Union africaine de se déployer et d'être un acteur en matière de conciliation et de médiation. »


Mais la forte abstention des pays africains ne s’explique pas uniquement par la volonté de préserver une neutralité face aux deux blocs. Il y a également une volonté de ne pas froisser la Russie, puissant partenaire commercial et militaire sur le continent, rajoute Michel Galy, professeur à l'Institut des relations internationales à Paris : « Il y a des pays qui sont en train de passer des alliances avec Moscou, fusse par groupe Wagner interposé comme par exemple le Mali ou la Centrafrique. Et puis, il y avait récemment une délégation du Soudan en Russie pour refonder la coopération militaire, voire établir une base russe au Soudan. Donc en pleines tractations, le Soudan n'a aucune envie de se mettre la Russie à dos. »

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