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Congrès constitutif du PPA-CI : allocution intégrale du président Laurent Gbagbo


Chers amis, chers camarades,


Je vais d'abord saluer la présence diplomatique et leur dire merci d'honorer notre congrès en étant présent.


Je veux aussi saluer les partis venus de l'étranger, ceux qui ont pu venir et ceux qui n'ont pas pu venir et qui ont envoyé des messages. C'est très amical et fraternel. Je voudrais les saluer.


Je veux évidemment saluer aussi les partis politiques ivoiriens qui nous ont fait l'amitié de venir et d'être présents du début à la fin de notre congrès. Soyez remerciés et je remercie aussi ceux qui vous ont délégués.


Je veux saluer surtout aujourd'hui les Chefs traditionnels de Blockoss. Vous savez, l'hôtel Ivoire est construit sur la terre de Blockoss. En ce moment, nous étions élèves au Lycée Classique d’Abidjan, il ya eu même des petits palabres, un jour j'ai vu Yacé Philippe venir à Blockoss pour parler durement, parce que les gens de Blockoss se plaignaient. Mais je veux les saluer parce qu'ils nous ont accueillis fraternellement, surtout le fait qu’ils aient donné de l'espace à tous nos camarades qui n'avaient pas de lieu où aller. Je vous remercie. Il y a les chefs traditionnels de Blockoss mais parmi eux là assis, il y a mon ami de bondoukou, Lagbolosahi. Je veux vraiment saluer sa fidélité, sa loyauté et cet homme là, j'ai eu un ami comme ça. J'ai eu un ami à vie parce qu'il est très loyal, très fidèle, il a mené tous les combats pour nous. Salut Lagbolosahi 1er.


Dans la salle, il y a beaucoup de camarades dont je ne citerai pas les noms, mais je voudrais saluer Lokrou Vincent, ancien Ministre de la Culture de Félix Houphouët Boigny, le grand frère Apetey Kouassi, ancien Ministre de Félix Houphouët Boigny, saluer Mme Danielle Bonie Claverie, les Professeurs Pierre Sané, le camarade du Tchad, le camarade français Jean-Pierre Le Coq, le Premier Ministre Ake N'gbo, Kadri Tayirou du Niger, la délégation du Burkina, la délégation du Mali, la délégation de la RDC et la délégation du Congo Brazzaville, avec qui j'ai une affaire et une amitié particulière. Je vous salue tous autant que vous êtes ici.


𝗝𝗲 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘅 𝗽𝗮𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝗰𝗲𝗿 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗮𝗹𝗹𝗼𝗰𝘂𝘁𝗶𝗼𝗻, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻 𝗺𝗼𝘁 𝗱𝗲 𝗦𝗮𝗻𝗴𝗮𝗿𝗲́ 𝗔𝗯𝗼𝘂𝗱𝗿𝗮𝗵𝗮𝗺𝗮𝗻𝗲. 𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗷𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗱𝗲́𝘀𝗼𝗹𝗲́, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗹'𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗺𝗮 𝘃𝗶𝗲. 𝗘𝘁 𝗹𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗦𝗮𝗻𝗴𝗮𝗿𝗲́ 𝗔𝗯𝗼𝘂𝗱𝗿𝗮𝗵𝗮𝗺𝗮𝗻𝗲 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗶𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗮̀ 𝗮𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝗱'𝗵𝘂𝗶 𝗺𝗲 𝗽𝗲𝗶𝗻𝗲. 𝗖̧𝗮 𝗻𝗲 𝗺'𝗵𝗮𝗻𝗱𝗶𝗰𝗮𝗽𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂'𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮̀ 𝘃𝗶𝘃𝗿𝗲, 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗮̀, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗰̧𝗮 𝗺𝗲 𝗽𝗲𝗶𝗻𝗲 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽. 𝗘𝘁 𝗷𝗲 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗮̀ 𝗹𝘂𝗶.


𝗔𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗰𝗲𝘀 𝘀𝗮𝗹𝘂𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗰𝗵𝗲𝗿𝘀 𝗮𝗺𝗶𝘀, 𝗷𝗲 𝘃𝗼𝘂𝗱𝗿𝗮𝗶𝘀 𝘀𝗮𝗹𝘂𝗲𝗿 𝗱'𝗮𝗯𝗼𝗿𝗱 𝗲𝘁 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗶𝗹𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝗮𝘀𝗲(𝗮𝗽𝗽𝗹𝗮𝘂𝗱𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀) 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻. 𝗜𝗹𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗿𝗲́𝘀𝗶𝘀𝘁𝗲́, 𝗶𝗹𝘀 𝘀𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗯𝗮𝘁𝘁𝘂𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗶𝗹𝗹𝗮𝗴𝗲𝘀, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗮𝗿𝘁𝗶𝗲𝗿𝘀, 𝗽𝗲𝗻𝗱𝗮𝗻𝘁 𝟭𝟬 𝗮𝗻𝘀, 𝗼𝗻 𝗹𝗲𝘀 𝗮 𝗴𝗮𝘇𝗲́𝘀, 𝗶𝗹𝘀 𝗼𝗻𝘁 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́ 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗶𝗹𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗮̀. Ceux là, je ne les oublie pas, je les salue du plus profond de moi-même parce que tout le combat que nous avons mené, toute la résistance que nous avons faite, c'est eux. Chers résistants, je vous salue ! Je vous salue ! Parce que moi on m'a arrêté et mis en prison, mais si personne ne porte mon nom, si personne ne porte mon combat, je suis oublié. Or tant que dans les villages, dans les quartiers, dans les rues, dans les bureaux, y a des gens qui portent mon nom et qui combattent pour mon retour, jamais ceux qui m'ont arrêté ne se sentiront tranquilles et c'est ce que vous avez fait. C'est pourquoi je vous remercie !


J'aurai le temps aussi d'envoyer des délégations pour saluer les autorités des pays qui ont reçu les réfugiés. Ma mère même était réfugiée au Ghana. Quand elle a senti qu'elle allait partir, qu'elle allait mourir, elle a décidé, mais clairement, de venir mourir dans son village. Donc ma sœur qui est là a organisé le départ de maman qui est morte à quelques kilomètres de son village. Donc ces pays là qui nous ont offert l'hospitalité, il faut que j'envoie des délégations les saluer et les remercier, au Ghana, au Togo, au Liberia, au Bénin. Vous me direz, quand on va en discuter et nous enverrons des délégations dans tous ces pays. Mais en même temps, il nous faut continuer à dire au Gouvernement de Côte d'Ivoire, qu'il faille que nos frères exilés reviennent. Il faut qu'ils reviennent. Parce qu’ou-bien on a dépassé une difficulté ou bien on ne les a pas dépassées. Mais si on a dépassé une difficulté et que le problème est résolu, pourquoi accepter encore qu'il y ait des camarades en exil dans des conditions désastreuses. Faisons les venir. 𝗝'𝗲𝗻 𝗿𝗲𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲𝗿𝗮𝗶 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲 𝗣𝗿𝗲́𝘀𝗶𝗱𝗲𝗻𝘁 𝗢𝘂𝗮𝘁𝘁𝗮𝗿𝗮. 𝗜𝗹 𝗲𝘀𝘁 𝘁𝗲𝗺𝗽𝘀 𝗱'𝗼𝘂𝘃𝗿𝗶𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝘃𝗮𝗻𝗻𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝗻𝗳𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗖𝗼̂𝘁𝗲 𝗱'𝗜𝘃𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗲𝗻 𝗱𝗲𝗵𝗼𝗿𝘀 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝘆𝘀, 𝗽𝘂𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗿𝗶𝗲𝗻 𝗰𝗿𝗮𝗶𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹'𝗘𝘁𝗮𝘁. 𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻 𝗮𝘀𝗽𝗲𝗰𝘁 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗯𝗮𝘁 𝗶𝗺𝗺𝗲́𝗱𝗶𝗮𝘁 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝗹𝗹𝗼𝗻𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗲𝗻𝗲𝗿.


Les prisonniers ! J'avais dit au président Ouattara, à la sortie de l'audience qu'on a eue et je le répète : Des gens sont allés en prison à cause de moi, moi je suis au dehors, eux ils font quoi dedans ? Aujourd'hui, moi je suis au dehors, et ils font quoi dedans ? Dedans ? Ils n'ont plus rien à faire en prison dès l'instant ou j'ai été acquitté et libéré. Dès cet instant, ils n'ont plus rien à faire en prison. 𝗝𝗲 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗮𝘁𝗿𝗶𝗼𝘁𝗲𝘀, 𝗾𝘂'𝗶𝗹𝘀 𝘀𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗶𝘃𝗶𝗹𝘀 𝗼𝘂 𝗺𝗶𝗹𝗶𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀, 𝗿𝗲𝘃𝗶𝗲𝗻𝗻𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗿𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿 𝗮𝘂 𝗱𝗲𝗵𝗼𝗿𝘀. 𝗖𝗲 𝗻'𝗲𝘀𝘁 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗺𝗯𝗮𝘁, 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 ! 𝗗𝗼𝗻𝗰 𝗮𝗶𝗱𝗲𝘇 𝗺𝗼𝗶, 𝗺𝗼𝗯𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲𝘇-𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗮 𝗹𝗶𝗯𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘀𝗼𝗻𝗻𝗶𝗲𝗿𝘀.


Je voudrais maintenant saluer les gens des diasporas. Les Africains et les ivoiriens des diasporas. Nous étions à Scheveningen et nous n’étions pas nombreux mais nous étions quand même quelques uns. Et y en a un qui m'a dit un jour, « mais les ivoiriens sont des durs hein ! ». Je dis pourquoi ? Il dit : « Tous les week-end ils sont devant la prison. » C'est vrai que la diaspora africaine a beaucoup travaillé à notre libération. Elle était rassemblée tous les week-ends devant la prison et quelques fois quand nous devions quitter la prison pour aller au tribunal, on nous faisait faire des détours parce que les routes étaient bondées d'africains ven