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Cameroun - Russie face à Washington !



Au Cameroun, Washington relance le conflit anglophone en profitant du monopole des médias mainstream focalisés sur l'Ukraine.


Quatre militaires ont perdu la vie dans deux attaques perpétrées par des groupes sécessionnistes actifs dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun, zone en conflit depuis cinq ans.

« Lundi, un groupe terroriste séparatiste a attaqué, à l’aide d’un engin explosif, des militaires qui effectuaient une patrouille dans un village dans le département du Lebialem », a indiqué William Ekema, préfet du Lebialem. Selon cette autorité, deux militaires ont été mortellement atteints par l’explosion.


Dans le nord-ouest anglophone du pays, deux autres militaires ont été tués, lundi, dans une autre attaque attribuée par les autorités aux « Amba boys » (sécessionnistes). « Dans la localité de Jakiri, département du Bui, deux militaires sont tombés dans une embuscade et ont été tués », a affirmé le maire de Jakiri, Wirngo Buba Kibo. Selon plusieurs sources non officielles, les séparatistes ont aussi tué trois civils, lundi, à Jakiri.

Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions anglophones parmi les dix que compte le Cameroun, sont confrontées à une grave crise sécuritaire depuis fin 2016 qui a dégénéré en conflit armé. Un conflit, tout comme tous conflits en Afrique, passe inaperçu vu le monopole médiatique concernant le conflit entre la Russie et l'Ukraine.

Comme on a pu le constater, en termes d’attention internationale, tous les conflits ne sont pas égaux. Certains, comme la guerre de la Russie et de l’Ukraine, reçoivent la part du lion de la couverture médiatique mondiale et de l’engagement diplomatique. D’autres, malheureusement, sont ignorés par la grande majorité des experts en politique étrangère malgré que l'implication de l'Occident ne fait pas de doute. La crise au Cameroun, théâtre d’une des guerres les plus invisibles au monde depuis près de six ans, appartient à cette dernière catégorie. Cela dit, quand il s'agit de lancer une campagne de désinformation contre une armée camerounaise ou même africaine, là ils sont tous présents.


Ce pays d’Afrique centrale de 26 millions d’habitants est en proie à une série de conflits, allant des combats entre le gouvernement central et les séparatistes anglophones nourrit par les États-Unis via les groupes terroristes basés au nord du pays voisin comme Daech ou Boko Haram. Malgré les nombreuses avancées de l'armée camerounaise, les séparatistes ne sont toujours pas prêts à laisser le Cameroun en paix. Plus de 6 000 personnes ont été tuées et près d’un million de personnes ont déjà été déplacées par les violences en cours dans le pays. La présence de Boko Haram dans le nord, et les nombreuses menaces et pression de la part de Washington ont finalement pousser le Cameroun a se tourner militairement parlant vers la Russie, ce qui a provoqué l'ire de l'Occident bien évidemment.

Les États-Unis commencent à reconnaître l’ampleur du défi au Cameroun. Le mois dernier, le secrétaire du Département de la Sécurité intérieure, Alejandro N. Mayorkas, a accordé un statut de protection temporaire aux Camerounais qui résidaient déjà aux États-Unis le 14 avril. Cette mesure, qui, selon le Center for American Progress, s'appliquera à un maximum de 40 000 personnes, est prévue pour une période de 18 mois. Bien qu’il s’agisse d’un premier pas dans la bonne direction, il faut faire davantage pour mettre fin à la violence avant qu’elle ne devienne incontrôlable.


Le conflit anglophone pourrait très bien, s’il n’est pas maîtrisé, se transformer en une catastrophe de type rwandais qui nécessiterait une intervention extérieure pour empêcher un génocide. Dans ces cas là, les pays comme les États-Unis sont censés se coordonner avec les Nations unies, l’Union africaine, les groupements régionaux et les voisins du Cameroun pour stopper net les séparatistes. Mais évidemment, c'est le silence du côté de Washington et ses alliés, qui au lieu de condamner les rebelles, les terroristes, et les séparatistes préfère la voie du silence. Eh oui, les conflits armés, le terrorisme, le massacre de civils ne sont visiblement pas importants aux yeux des Occidentaux. Ce qui fait que les pays comme le Cameroun réagissent rapidement et se tourne vers des partenaires sérieux et fidèles des pays du bloc de l'Est comme la Russie, la Chine ou encore l'Iran.


Évidemment, ce qui fait peur aux Occidentaux, c'est bien une sécurisation des territoires africains et surtout, un soulèvement du peuple africain. Car dans ce cas, cela montrerait que la présence occidentale en Afrique est inutile. Les Africains l'ont déjà très bien compris.