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Cameroun: comprendre les accusations de complicités internes en soutien aux séparatistes anglophones



Ces derniers mois, la crise sécuritaire dans les régions anglophones du Nord-ouest et Sud-ouest Cameroun connaît une escale sanglante, impulsée par une augmentation rapide des capacités de nuisance des milices. Elles disposent désormais d’AK-47, de pièces d’artillerie légère et d'un renseignement opérationnel qualifié de précis ; soulevant au passage les éternelles interrogations sur d'éventuelles connivences internes, dans le but de faire durer la crise à des fins de détournements de deniers publics.


Le 16 septembre dernier, dans le département du Ngok-Etundja (Nord-ouest) des jeunes combattants séparatistes à l'aide d'un engin explosif improvisé et d'un lance-roquettes antichar immobilisent 03 véhicules des forces de défense camerounaise en patrouille de reconnaissance, avant d'ouvrir le feu à l'AK-47, tuant sur le champ 15 soldats. Cet acte macabre d'assaillants - se réclamant de la faction d'un certain "No Pity"- a ainsi montré « l’usage de nouveaux armements, qui consacrent indubitablement un changement de paradigme dans les opérations en cours », constate le porte-parole de l’armée camerounaise, le colonel Cyrille Atonfack Nguemo; soulevant au passage les questionnements sans fin sur le financement, l'armement et le renseignement des groupes armés qui sévissent dans ces deux régions.


Désormais lourdement armés, ces groupes multiplient les attaques éclair, les embuscades et les raids contre les forces camerounaises. Une tactique de harcèlement et d’usure parfaitement assumée, dont l’objectif a été officialisé par Lucas Ayaba Cho, à la tête de l’une des factions engagées dans ce conflit.


De source officielle, les sécessionnistes se seraient ainsi lourdement armés en récupérant les armes aux soldats après de nombreuses embuscades meurtrières et des alliances nouées avec les séparatistes biafras du Nigeria voisin.


Cependant, au sein de l'opinion, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer des complicités dans le gouvernement impliquant même des autorités locales qui travailleraient ainsi à envenimer la situations, afin de profiter des budgets interminables, débloqués pour lutter contre les séparatistes armés. Des accusations parfois soutenues par des déclarations d'anciens sécessionnistes qui accusent les autorités impliquées dans la gestion du conflit de rouler pour leurs propres intérêts au " mépris des morts enregistrés chaque jour". " La vérité est que la majorité des autorités impliquées ne veut pas que le conflit s'achève. Elle prétend aimer le pays, mais elle sponsorise les terroristes ambazoniens... Le conflit, aujourd'hui, dépasse largement l'influence de la diaspora...", déclare Okha Naseri Clovis, ex-combattant séparatiste.


Si effectivement des équipements ont été, systématiquement, emportés après des attaques asymétriques des séparatistes, une interrogation surgit quant au renseignement des terroristes, parfois précis, des positions des unités de reconnaissance. Dans un audio sur la toile, attribué à un élément des forces de défense, on écoute des dénonciations de connivences internes qui "informeraient en temps réel sur les positions de l'armée".


Toujours pour expliquer la montée en puissance de l'armement des séparatistes, la frontière poreuse et l'alliance avec certains mouvements séparatistes du Biafra dans le Sud-est voisin du Nigeria sont pointés du doigt. Le Colonel Cyrille Atonfack soutient à ce propos que les services secrets ont « établi avec certitude que la montée en puissance de ces groupes terroristes, de par l’armement de gros calibre dont ils disposent, découle en grande partie de leur jonction avec d’autres entités terroristes opérant hors des frontières ».