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Burkina Faso : les USA fâchés ?



Décidément, le Burkina Faso est loin de fournir à l’axe US-OTAN ce qu’il souhaitait avoir après le dernier coup d’État au pays et la prise du pouvoir par Ibrahim Traoré.


« Les États-Unis vont exclure le Burkina Faso de l’accord commercial liant les USA aux pays africains, a annoncé début octobre la Maison Blanche, justifiant cette décision par l’absence de progrès vers un retour à la démocratie, après les deux coups d’État militaires dans le pays depuis début 2022 ».


« J’ai pris cette décision, car j’ai déterminé que le gouvernement du Burkina Faso n’a pas mis en place, ou fait des progrès continus en vue d’établir, le respect de l’État de droit et du pluralisme politique », éléments nécessaires dans le cadre du programme AGOA (African Growth Opportunities Act), a justifié le président américain Joe Biden dans une lettre envoyée au Congrès américain. L’exclusion du pays ouest-africain sera effective au 1er janvier 2023, a précisé le courrier.


L’absence de progrès vers un retour à la démocratie signifie, l’absence de coopération ou pour mieux dire, de soumission de la part des autorités burkinabées envers les USA.


Mais cette décision des USA est du déjà-vue et on se rappelle qu’en janvier 2022, l’administration de Joe Biden avait annoncé, avoir exclu l’Éthiopie, le Mali et la Guinée de l’Agoa, un accord commercial liant les États-Unis à l’Afrique.


« Les États-Unis ont exclu aujourd’hui l’Éthiopie, le Mali et la Guinée du programme de préférences commerciales de l’Agoa, en raison d’actions prises par chacun de leur gouvernement en violation des statuts » de cet accord, avait alors indiqué la représentation américaine au Commerce (USTR) dans un communiqué ».


Un scénario déjà vu, des pressions sans résultat et des accusations sans fondement. Durant toutes ces dernières années, la seule arme des USA contre les pays qui ne l’obéissent pas est l’arme de sanction et de pressions diplomatique et économique.


Dans un communiqué, l’ambassadrice américaine au commerce, Katherine Tai, a insisté sur la nécessité pour le « Burkina Faso de prendre les décisions nécessaires pour répondre aux conditions de l’accord et au retour de la démocratie ». « Je vais fournir au Burkina Faso une feuille de route claire leur permettant de réintégrer le programme et notre administration va travailler avec eux afin d’y parvenir », a ajouté Mme Tai.


Mais le Burkina Faso est-il prêt à se soumettre à cette feuille de route ou plus précisément aux diktats américains ? Bien sûr que non puisque le président burkinabé est décidé de suivre le chemin de son voisin malien et c’est dans sa dernière visite que l’homme burkinabé a réitéré cette attention.


Le capitaine Traoré est venu accompagné du chef d’état-major général des armées burkinabè, David Kabré, et de son ministre de la Défense, Kassoum Coulibaly. Car, comme l’expliquait une source proche du président de la transition burkinabé, il allait être question « d’améliorer la coopération opérationnelle avec les Maliens ».


« Cette visite d’amitié et de travail vise à renforcer l’axe Ouagadougou-Bamako », avait souligné la présidence du Burkina Faso dans un communiqué publié le 2 novembre. « Le Chef de l’État burkinabè entend insister sur le renforcement de la coopération bilatérale et la mutualisation des moyens de combat ».


Les deux parties évoquent clairement le renforcement de cette coalition interafricaine qui vise à exclure toutes forces interventionnistes de cette région et d’augmenter le poids des armées nationales.