«Nous n'avons plus le droit à l'erreur», première intervention du chef de la junte au Mali,


Après le coup d'Etat du 18 août au Mali et l'arrestation du président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre, des militaires ont pris le pouvoir autour d'Assimi Goita et d'un Comité national pour le salut du peuple.

Un officier malien, le colonel Assimi Goita, s'est présenté le 19 août comme le chef de la junte qui a renversé la veille le président Ibrahim Boubacar Keïta et estimé que le Mali «n'a[vait] plus droit à l'erreur». «Je me présente : je suis le colonel Assimi Goita, le président du Comité national pour le salut du peuple [CNSP]», a-t-il déclaré à la presse en fin d'après-midi.


«Le Mali se trouve dans une situation de crise socio-politique, sécuritaire. Nous n'avons plus le droit à l'erreur. Nous, en faisant cette intervention hier, nous avons mis le pays au-dessus [de tout], le Mali d'abord», a-t-il expliqué, entouré de militaires armés. L'officier d'une quarantaine d'années est issu du Prytanée militaire de Kati, dans la banlieue de Bamako, qui forme les meilleurs éléments de l'armée et est également diplômé de l'Ecole inter-armes de Koulikoro, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Il s'exprimait le 19 août après avoir rencontré des hauts fonctionnaires au siège du ministère de la Défense.


Le nouvel homme fort était jusqu'ici patron des Forces spéciales maliennes Il était jusqu'ici le patron des Forces spéciales maliennes, basées dans le centre du pays, une région en proie depuis 2015 à des violences djihadistes et intercommunautaires, selon des membres de son entourage, qui le disent «très rigoureux». Plusieurs militaires, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont estimé qu'il était le véritable instigateur du coup d'Etat qui a fait tomber le président Keïta après sept années de pouvoir. Il est, selon son entourage, de la même promotion que plusieurs autres membres de la junte, dont le colonel Malick Diaw. Le colonel Goita était apparu à la télévision dans la nuit du 18 au 19 août lors de l'annonce par un groupe de militaires de la création de ce comité qui a poussé à la démission le président Keïta, mais il n'avait pas pris la parole.


Lors d'un point de presse le 19 août, le porte-parole du CNSP, le colonel-major Ismaël Wagué, avait appelé les Maliens à «vaquer librement à leurs occupations» et à «reprendre sainement leurs activités». Il avait également demandé «d'arrêter immédiatement les actes de vandalisme et de destruction des édifices publics» et promet de prendre «toutes les mesures» à l'égard de «tout porteur d'uniforme qui se fera prendre en flagrant délit de racket».


Rappelons que ce 18 août était le quatrième coup d’État de l’histoire du Mali depuis son indépendance (novembre 1960 – mars 91 et mars 2012).

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