Côte d’ivoire : voici pourquoi Ouattara a renonce a un 3eme mandat


Le Président Ivoirien Alassane Ouattara a annoncé le 5 mars dernier, face aux sénateurs et députés réunis en congrès extraordinaire à Yamoussoukro, la capitale ivoirienne, qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession au scrutin du 31 octobre 2020. Mais ce renoncement, qui survient peu avant le lancement du processus de révision de la Constitution, suscite plusieurs interrogations.


En réalité, selon certains observateurs, Ouattara serait rattrapé par son passé. Un passé qui implique l’effondrement de l’accusation dans le procès ouvert par la Cour pénale internationale contre l’ancien chef de l’État ivoirien Laurent Gbagbo. Ce qui ruine le récit de plus de dix années de crise forgé par la France et l'actuel pouvoir.En effet, l’acquittement de Laurent Gbagbole 15 janvier 2019, serait une porte à sa libération totale.Une issue qui poserait un problème à Ouattara qui aurait peur que son implication dans cette affaire soit définitivement dévoilée. Car jusqu’ici toutes les preuves de cette affaire dont détiennent les juges de la CPIincriminent ADO jusqu’au cou et blanchissent l’ancien président ivoirien qui très certainement retournera en terre natale. Alassane Ouattara, l’actuel président de la Côte d’Ivoire, se serait emparé donc du pouvoir "par la force" et avec l'aide de la France. Selon les experts de cette affaire, la France ne voulait pas d'une paix négociée entre les deux rivaux de la présidentielle de fin 2010. Elle a arrêté Gbagbo en avril 2011 après des bombardements qu’elle avait orchestrés. L’ancienne puissance coloniale de la CIV, avait alors préparé "en sous-main" l'offensive ayant mené à la chute de l'ex-président, notamment en fournissant des armes aux forces pro-Ouattara, malgré un embargo décrété par l'ONU.


Raphaël Granvaud et de David Mauger, de l’association Survie, ont publiés l'ouvrage « Un pompier pyromane » aux éditions Agone, dans lequel ils font savoir que pendant les années Gbagbo, la France n’est pas intervenue en Côte d’Ivoire pour résoudre la crise, mais au contraire pour l’aggraver. Des faits que l’Elysée a toujours cherché à cacher ou à faire oublier.Selon le livre, démontre que la France n’était pas du tout un arbitre neutre, mais au contraire un acteur de la crise et un acteur très engagé avec une volonté très ferme d’en finir avec le régime Gbagbo et des accointances que les auteurs ont pu documenter à partir de plusieurs indices de complicité avérée avec la rébellion.


C’est donc cette ombre qui pèse sur Ouattara et sur la France, qui l’aurait poussé à ne plus se représenter pour un troisième mandat. Une ombre qui aurait beaucoup trop durée, car l’Elysée aurait un objectif de laver son image en cachant son rôle dans cette affaire. D’autres experts iront jusqu’à dire que sa tâche serait terminée en côte d’ivoire. Car même si cela n’avait pas été officiellement revendiqué, tout laissait indiquer qu’Alassane Ouattara a bien été le candidat soutenu par la France lors de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire qui l’a opposé, au second tour, à Laurent Gbagbo, président sortant.Il était alors présenté par les médias occidentaux comme un « technocrate », un « bon gestionnaire », sans beaucoup plus de détails. Pourtant, tout son parcours permet de comprendre combien il était et reste rassurant pour la France, qui cherche toujours à sauvegarder ses intérêts géostratégiques et économiques en Afrique.


Des stratégies qu’elle continue d’entretenir avec la révision constitutionnelle. Aux yeux de certains observateurs, ce retrait, d’Alassane Ouattara, loin d’être sincère, ne saurait, dans le fond, déboucher sur une réelle alternance au pouvoir. De toutes les façons, son sort semblait être scellé d’avance. Car il apparaissait plus qu’évident que la Constitution de 2016, à laquelle des modifications sont sur le point d’être apportées, n’autorisait pas le Président sortant à rester au pouvoir. Des personnalités comme le ministre Cissé Bacongo et le professeur OuragaObou, qui ont travaillé sur cette Constitution, ont par ailleurs déclaré qu’Alassane Ouattara n’est pas éligible à un troisième mandat.


Un autre pion de l’Elysée se préparerait donc selon beaucoup à prendre la place de Ouattara pour préserver les intérêts de cette ancienne puissance coloniale.

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