Togo : en attendant les résultats de la présidentielle du 22 février…


C’est l’heure de toutes les incertitudes, ou presque, au lendemain du premier tour des élections présidentielles togolaises tenu samedi 22 février dans un calme relatif. Dans les états-majors des sept candidats en lice, l’heure est à la compilation des résultats. Et à la communication, par endroit.


Le bal des réactions a été ouvert par l’Alliance nationale pour le changement (ANC), parti de Jean-Pierre Fabre qui, depuis 2010, occupe la scène de l’opposition togolaise suite à la scission de l’Union des forces de changement (UFC). «Les premières tendances placent en tête les candidats du MPDD et d’UNIR », indique un communiqué diffusé à 21h, signé par Patrick Lawson, le directeur de campagne de l’ex-chef de file de l’opposition (le titre a été perdu officiellement en 2018 suite au boycott des élections législatives).


Le MPDD, c’est le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement de l’ancien premier ministre Agbéyomé Messan Gabriel Kodjo, ex-bras de Gnassingbé Eyadema. Plusieurs fois ministre dans les années 90, président du Parlement en 1999 et premier ministre entre 2000 et 2002, l’ancien directeur général du Port autonome de Lomé a été auréolé par la dynamique de Philippe Fanoko Kpodzro, l’archevêque émérite de Lomé qui a vu en lui, le «choix de Dieu pour l’alternance au Togo».


En conférence de presse samedi après la sortie de l’ANC, le candidat du MPDD a indiqué qu’il est «largement en tête dans le Grand Lomé et dans la région maritime», et déclaré avoir «réalisé de bons scores dans les autres régions» du pays. Et de dénoncer des irrégularités dont des « bureaux de vote fictifs », des procurations « irrégulières » et des « bourrages « d’urnes, entre autres. «Je serai le président du Togo dans les prochaines semaines », a lancé Agbeyomé Kodjo face à la presse dans son domicile qui avait été encerclé par des gendarmes entre 17h et 20h. Il croit d’ailleurs gagner au premier tour « si la CENI ne fait pas usage de fraudes ».

Pendant ce temps, UNIR, le parti du président sortant Faure Gnassingbé, fête «sa» victoire dans la «convivialité, la joie et le partage» à Lomé. Sans toutefois indiquer officiellement une avance sur ses adversaires.


A noter qu’entre-temps, la connexion internet a vacillé dans la soirée, notamment sur les réseaux Togocom et Moov, les deux opérateurs de données mobiles, avec restrictions des réseaux sociaux. Une situation que n’ont toutefois pas vécue les clients de Canal Box et de Teolis, les deux nouveaux fournisseurs d’accès internet. «Nous avons basculé nos abonnés sur une autre liaison», nous a confié un cadre de l’une de ces sociétés sur le marché depuis deux ans.


Ce dimanche, deux autres candidats à l’élection ont annoncé que les tendances sont en faveur de l’ancien premier ministre Kodjo. Il s’agit des professeurs Aimé Gogué de l’Alliance des démocrates pour un développement intégral (ADDI) et Wolou Komi du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR) qui espèrent «l’alternance».


«En dehors de la Préfecture du Golfe où notre champion est en coude à coude avec celui du MPDD, c’est un véritable raz de marée, une vague bleu-blanc qui s’annonce. Une belle, nette, éclatante, incontestable et irréprochable victoire en perspective», a écrit ce matin pour sa part, le ministre Gilbert Bawara, longtemps considéré comme porte-parole du gouvernement sur twitter.


En rappel, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait annoncé, samedi soir, qu’elle «compte mettre tout en œuvre pour proclamer les résultats provisoires au plus tard le lundi 24 février 2020 à 20 heures».

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