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Thomas Sankara, une mémoire immortelle.


Thomas Sankara ne s'est jamais défini comme un héros ou une îcone.

S'il a posé des actes radicaux révolutionnaires et pour tout dire parfois extraordinaires de son vivant, ce le fut par stratégie politique.


Il espérait ainsi servir de modèle de penser et d'action aux yeux de ses populations afin qu'àprès lui les Burkinabè puissent poser ces mêmes actes dans leur quotidien de telles sortes qu'ils deviennent des dires et des gestes ordinaires de tous les jours.


En quatre années à la tête du Burkina Faso, Thomas Sankara a impulsé une transformation économique sociale et culturelle de son pays à l'inverse hauteur de la contre-révolution permanente que le Burkina subit sans cesse depuis maintenant 34 ans.


On aime d'autant plus Sankara qu'on le sait mort. On tient conférences sur conférences au cours desquelles on lui tresse des louanges sans vraiment faire référence à sa pensée politique telle que définie dans son programme révolutionnaire du Discours d'Orientation Politique, le DOP. On lui dédie une statue qui ne lui ressemble en rien ou si peu.

On procède à l'exhumation de sa dépouille sur laquelle on effectue des tests ADN qui n'ont jamais été publiés. On ouvre un procès afin que justice lui soit rendue mais les séances sont immédiatement ajournées et rejetées à plus tard, faute d'assesseurs pour tenir les débats.


La vérité c'est que les idéaux révolutionnaires de Thomas Sankara continuent aujourd'hui à diviser et à semer peur troubles et violences dans nos sociétés chaque fois qu'ils sont remis en marche ,comme c'est le cas aujourd'hui dans le Sénégal d'Ousmane Sonko, même par des moyens démocratiques.


Parce que malgré la propagande et les pressions de l'impérialisme français, nombre d'Africains sont prêts à travailler dans les campagnes auprès des populations les plus humbles à bâtir des routes des écoles des dispensaires avec de maigres moyens.

Prêts à enseigner à des enfants dans des écoles rurales faites de briques et de tôles.

Prêts à assister nos paysans qui travaillent sous un soleil de plomb afin que nous puissions atteindre une autosuffisance alimentaire.

Prêts à accepter de donner une partie de leur salaire déjà bien maigre pour la cause commune de la révolution. Prêts à consommer et s'habiller exclusivement local.


Sankara avait parfaitement conscience des énormes sacrifices qu'il avait imposé à son peuple.

C'est pourquoi le 2 octobre 1987, il avait publiquement proposé de faire une pause révolutionnaire au cours de la conférence de Tenkodogo.


Mais il avait aussi pris conscience de la contre-révolution que sa révolution avait fait naître.


C'est pourquoi il avait accepté sous l'influence de ses conseillers les plus proches de renforcer son pouvoir par la création de la FIMATS que le gouvernement avait entériné le 14 octobre suivant sans la présence de Blaise Compaoré.

Vincent Sigué devait être le chef de cette garde présidentielle ultra rapprochée qui aurait rendue Sankara presque indéboulonnable.


Sankara comptait donc bien poursuivre sa révolution après l'avoir réformée. Parce qu'à ses yeux le Burkina Faso et l'Afrique n'avaient pas d'autres choix que de compter sur leurs propres forces et " de continuer à oser inventer leur avenir " par des voies qu'il nous revient aujourd'hui de redéfinir.


Le révolutionnaire a été assassiné mais pas ses idéaux révolutionnaires qui restent plus que jamais d'actualité.

Parce que personne ne viendra reconstruire l'Afrique à la place des Africains.



Texte écrit par Ahmad Nougbo



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