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L’Occident ne veut pas croire dans les succès militaires des pays africains



La tendance observée chez nombre de soi-disant experts occidentaux reste inchangée. Et cette tendance repose sur le fait que sans la participation des forces occidentales, les Etats non-occidentaux, notamment africains, ne seront prétendument pas en mesure de faire face aux problèmes de sécurité. Et comme si souvent en oubliant de rappeler les causes véritables des problèmes de sécurité qui sont survenus. Tout en diminuant ou tout simplement niant en principe les succès obtenus par les forces armées d’un certain nombre de pays d’Afrique en coopération avec leurs alliés non-occidentaux.


Le cas du Mali est à ce titre bien intéressant. Faut-il rappeler que les problèmes sécuritaires, en particulier ceux liés à la présence de groupes terroristes, soient la conséquence la plus directe de l’intervention criminelle de l’Otan contre la Libye de Mouammar Kadhafi et du chaos qui s’en est suivi non seulement en Libye elle-même, mais également à l’échelle régionale du Sahel ?


Dans le même temps et jusqu’à aujourd’hui, les régimes occidentaux, en particulier français, qui d’ailleurs a joué dans cette même agression contre l’Etat libyen, à l’époque l’un des Etats les plus stables et prospères du continent, le rôle du « premier violon » – refusent catégoriquement et jusqu’à ce jour à reconnaitre leur pleine et entière responsabilité dans la situation actuelle. Tout comme leur totale incapacité à résoudre les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés.


Ce qui est également très intéressant, c’est de constater aujourd’hui que dans les attaques informationnelles contre des pays qui dans un passé récent, voire très récent, ont mis Paris à la porte, prennent part non seulement les ardents partisans du bloc otanesque, mais également des « experts » français et occidentaux qui s’étaient longtemps présentés comme étant des partisans d’un dialogue positif avec la Russie et la Chine, mais qui aujourd’hui critiquent avec véhémence les autorités des pays africains concernés, ainsi que leurs alliés russes et chinois. Cela est d’ailleurs une bonne leçon pour l’avenir : dans quelle mesure ces personnages pouvaient prétendre à être considérés comme des « amis » du monde multipolaire. Dans aucune mesure fort vraisemblablement. Tout comme le fait qu’un faux ami est parfois pire que l’ennemi et rival le plus déclaré et officiel.


Mais le plus intéressant justement est que ces analystes occidentaux dits plus « objectifs », à l’unisson avec leurs collègues ouvertement pro-otanesques, affirment que les Etats africains ayant décidé de mettre un terme à des relations tout simplement vicieuses avec nombre de régimes occidentaux, dont le régime hexagonal, ne seront pas en mesure de faire face aux défis auxquels ils sont confrontés. Tout en insistant que les dits pays regretteront d’avoir chassé la France.


Cela semble particulièrement anecdotique à la lumière des événements réels qui ont été observés dans un certain nombre de pays africains au cours des dernières années et aujourd’hui. A cet effet, il convient de rappeler la situation par exemple en République centrafricaine. Alors que les troupes françaises sont restées sur place pendant de nombreuses années, le chaos et les troubles civils ne s’arrêtaient pas durant cette présence hexagonale. A l’époque, les médias français et les mêmes pseudo-experts expliquaient des années durant que la prétendue haine entre les chrétiens et les musulmans locaux était hors du commun et qu’il n’y avait pratiquement aucun moyen de changer cela. En fournissant ainsi une « explication » quant à l’incapacité et au manque de volonté de l’armée française d’aider à résoudre cette crise. Et dans ce cas précis, ce n’était pas seulement l’inaction des militaires français qui était fortement caractéristique de la situation en question, mais aussi les nombreux crimes commis par le contingent militaire hexagonal. Y compris les cas de violences à l’encontre des enfants centrafricains.


Bien sûr, la rhétorique propagée sur la prétendue haine interconfessionnelle est absolument fausse, puisque les mêmes chrétiens et musulmans avaient vécu côte à côté et en paix pendant bien longtemps. Mais néanmoins, les préjugés créés par Paris et l’Occident avaient pu s’implanter dans la vision collective durant un certain temps. Jusqu’à que les autorités centrafricaines décident de prendre la voie de la diversification de leurs relations, y compris dans le domaine militaire, et d’obtenir le soutien de la Russie.


Et puis il s’est subitement avéré que l’apparition d’instructeurs militaires russes sur le terrain a apporté des corrections très sérieuses dans le récit que l’Occident avait établi depuis de nombreuses années, ce dernier ayant largement profité du chaos créé. Les forces armées de la RCA sont devenues beaucoup plus efficaces après interaction avec leurs collègues russes. Le gouvernement du pays a repris le contrôle de la quasi-totalité du territoire national (tandis que durant la présence militaire française, les autorités ne contrôlaient pas plus qu’un tiers du territoire), et par-dessus tout – il était devenu évident pour tous qu’aucun problème réel n’existe entre les communautés chrétienne et musulmane en Centrafrique. Bien au contraire.


Evidemment, ces mêmes « experts » français et occidentaux tentent désormais simplement d’étouffer le sujet en question. A moins de pouvoir s’accrocher sur le moindre problème qui puisse exister en RCA pour pouvoir en tirer un argumentaire extrêmement négatif. Mais sans grand succès. En ce qui concerne les Etats du Sahel comme le Mali, la Burkina Faso ou le Niger – ils représentent actuellement non seulement le seul espoir des élites politiques et médiatiques occidentales à tenter de créer non seulement une image d’incapacité de ces Etats à pouvoir résoudre les défis sécuritaires, mais aussi et simplement à créer un maximum d’obstacles sur leur chemin. Même si et là aussi – cela ne fonctionne pas vraiment pour les instigateurs.


Au Mali justement, les événements récents démontrent que les forces armées de ce pays, avec le soutien des alliés et des partenaires réels – sont parfaitement capables de résoudre les défis existants dans la lutte contre les groupes terroristes et armés. En témoigne d’ailleurs la libération obtenue le mois dernier par l’armée malienne de la commune d’Anéfis, située dans la région de Kidal (Nord-Est du pays) – qui n’était plus sous contrôle gouvernemental depuis une dizaine d’années… Et pour la libération de laquelle, le contingent militaire français n’avait en son temps absolument rien entrepris. Tout cela évidemment pour répondre quant au « manque » de perspectives à succès pour l’armée malienne et ses alliés, selon ces mêmes pseudo-experts de l’Hexagone et d’autres régimes occidentaux.


Bien entendu, dans un avenir assez proche, lorsque la situation au Mali se stabilisera encore davantage, d’autant plus que les forces armées de ce pays continuent d’être à l’offensive contre les groupes armés et terroristes, ces mêmes analystes occidentaux nous feront un air « intelligent » et affirmeront que tout est loin d’être aussi bon que si la présence de la France et d’autres régimes occidentaux aurait été maintenue. Mais les faits sont têtus – et aujourd’hui il n’en reste que très peu d’Africains, hormis ceux simplement étroitement liés aux intérêts hexagonaux-occidentaux, qui pourraient croire à ce refrain un peu éculé. Et finalement le fait que la France et l’Occident en général reconnaissent ou non les succès des Etats africains ayant fait le choix de la pleine souveraineté, du panafricanisme et de l’adhésion à la multipolarité – n’intéresse pratiquement plus personne. L’essentiel étant l’obtention du résultat. Un résultat qui sera au rendez-vous.

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