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Enquête sur le nouvel homme fort du Gabon, Brice C. Oligui Nguema, chef de la Garde Républicaine


Désormais, on en sait un peu plus sur les auteurs du coup d’Etat contre le président Ali Bongo au Gabon. Depuis plusieurs heures, le Gabon est en ébullition suite à un événement inattendu : le commandant de la Garde républicaine, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, a pris le contrôle du pays en renversant le président Ali Bongo. Cette décision a été un choc pour beaucoup, étant donné que le général Oligui Nguema était considéré comme l'un des plus dévoués collaborateurs d'Ali Bongo et avait même juré de protéger la famille présidentielle.


Précisons qu’au Gabon, le président Ali Bongo Ondimba a été réélu peu avant d’ « être renversé » par l’armée à l’instant d’après. Réunis au sein du Comité de transition et de restauration des institutions (CTRI), les militaires ont annoncé avoir mis fin au régime en place. Ils ont dissous toutes les institutions et fermé les frontières jusqu’à nouvel ordre.


« Un coup d'État nécessaire : Le Rétablissement de l'Ordre au Gabon »


Pourtant, il semble que cette action radicale ait été motivée par des considérations bien plus profondes. Depuis la mort d'Omar Bongo en 2009, le clan présidentiel du Haut-Ogooué a été en proie à des rivalités internes et des luttes de pouvoir qui ont progressivement miné la stabilité du pays. Les tensions se sont intensifiées avec l'ascension de la première dame, Sylvia Bongo, et de son fils, Noureddine Bongo, qui semblaient exercer un contrôle de plus en plus important sur les affaires du pays.



Dans ce contexte de rivalités et de mécontentement croissant, le général Oligui Nguema a pris les rênes du pays pour rétablir l'ordre et purger le système de ses éléments perturbateurs. Sa décision de renverser Ali Bongo, qui cherchait à obtenir un troisième mandat malgré des problèmes de santé évidents, peut être vue comme une mesure nécessaire pour préserver la stabilité du Gabon.


Rappelons que sa fidélité remonte à une promesse formulée à l'ancien chef de l'Etat, Omar Bongo, avant sa mort en 2009. Alors aide de camp du président et chef de clan, il avait prêté serment de protéger son fils et successeur au pouvoir. Il a rompu le pacte quatorze ans plus tard, pour renverser Ali Bongo, qui briguait un troisième mandat malgré sa santé considérablement diminuée par un AVC subi en 2018.



Le général Oligui Nguema est un pilier du clan présidentiel depuis des années, mais il semble avoir atteint un point où il ne pouvait plus ignorer les divisions internes et les luttes de pouvoir qui menaçaient de plonger le pays dans le chaos. En agissant rapidement et en prenant le contrôle, il a peut-être sauvé le Gabon d'une crise politique et sociale plus profonde.


Il faut préciser que, dès le milieu des années 2000, Oligui Nguema, formé en partie au Maroc, a occupé une place de premier ordre dans l'appareil sécuritaire à Libreville. Au lendemain de l'arrivée au pouvoir d'Ali Bongo, en 2009, il avait néanmoins été nommé Attaché militaire à l'ambassade du Gabon à Dakar. Une mise à l'écart qu'avait alors particulièrement mal vécue le gradé.



Les facteurs qui ont poussé le général Oligui Nguema à agir de la sorte sont complexes, mais il est clair que sa démarche vise à rétablir la stabilité politique et à purger le système des éléments qui ont contribué aux tensions croissantes. Son action pourrait être vue comme une réponse à l'appel du peuple gabonais pour des réformes et un changement de leadership.


Il est important de noter que cette situation est en constante évolution et que les conséquences à long terme de cette action demeurent incertaines. Le Gabon pourrait se diriger vers une période de transition politique, et il est crucial que toutes les parties prenantes s'engagent dans un dialogue constructif pour garantir un avenir stable et prospère pour le pays.



Cependant, s’il est présenté comme le nouvel homme fort du Gabon, Brice Oligui Nguema n’est pas encore officiellement le patron de la transition. « Je ne me déclare pas encore, je n’envisage rien pour l’instant. C’est un débat que nous allons avoir avec l’ensemble des généraux. Nous allons nous retrouver à 14 heures (15 heures, heure de Paris). Il s’agira de dégager un consensus. Chacun va émettre des idées et les meilleures seront choisies, ainsi que le nom de celui qui va conduire la transition », a déclaré le général à nos confrères du Journal Le Monde.


En fin de compte, bien que le renversement du président puisse sembler choquant à première vue, il est essentiel de comprendre les complexités de la situation et de reconnaître que le général Oligui Nguema a peut-être agi dans l'intérêt supérieur du Gabon en cherchant à restaurer l'ordre et la stabilité. La voie à suivre pour le pays dépendra de la manière dont les événements se dérouleront dans les jours, les semaines et les mois à venir.


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