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Bamako/Conakry/Ouaga : le triangle des Bermudes pour l'Occident !



Le secrétaire général de l'ONU a souhaité ce dimanche que les militaires au Burkina, en Guinée et au Mali se retirent au plus vite avant qu'une alliance entre ces trois pays ne se mette en place au grand dam de l'Occident!


« Nous avons convenu de l’importance de poursuivre le dialogue avec les autorités de facto [de ces] trois pays afin d’instaurer le retour à l’ordre constitutionnel dans les délais les plus brefs », a déclaré Guterres après avoir rencontré le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine.



Face à la fronde des militaires au pouvoir en Afrique de l’Ouest qui défient la Cedeao, l’institution ouest-africaine à la solde des Occidentaux a répondu par un bref communiqué renvoyant ses menaces aux calendes grecques. L’institution s’avoue donc désarmée et constate qu’elle est incapable de forcer les colonels insoumis à revenir à l’ordre constitutionnel dans des délais raisonnables.


La CEDEAO avait donné aux militaires guinéens et burkinabè un délai pour proposer des calendriers de transition acceptables. La date limite avait été fixée au 25 avril 2022, mais les deux pays ont demandé des délais supplémentaires. Si la requête de Ouagadougou paraît acceptable, en revanche, celle de Conakry dépasse les bornes et de très loin…


Le lieutenant-colonel Damiba et ses frères d’armes ont pris le pouvoir le 24 janvier 2022 et c’est peu de dire que jusqu’à présent la CEDEAO attrape des cheveux blancs. Elle a, jusqu’à ce jour simplement suspendu le Burkina Faso de ses instances, rien de plus. De son côté, les militaires ont donné un gage en permettant au président déchu, Roch Marc Christian Kaboré de regagner son domicile, où il est néanmoins étroitement surveillé.



C’est le seul geste de bonne volonté qu’elle a manifesté. Elle a validé une charte de la transition fixant celle-ci à trois très longues années. Un délai inacceptable pour l’institution sous-régionale et probablement pour les militaires eux-mêmes qui risquent d’être contestés dans la rue s’ils ne parviennent pas à ramener la sécurité sur le territoire.


Le colonel Doumbouya a perpétré son coup d’État en septembre 2021 et depuis huit mois, la CEDEAO lui demande de publier un chronogramme de retour à l’ordre constitutionnel. Ce que le putschiste ne s’est pas encore résolu à faire. Les sanctions prises par l’organisation présidée actuellement par le Ghanéen Nana Akufo Ado ont été minimales : gel des avoirs et interdiction de voyage pour les militaires au pouvoir.


Comment la CEDEAO peut-elle réagir face à ce non-respect de sa charte alors qu'elle même a démontré au monde qu'elle adopte une politique de deux poids deux mesures face aux pays du Sahel ? Cela a été beaucoup commenté, écrit, mais il n’en est pas moins vrai : le fait qu’elle ait validé les troisièmes mandats anticonstitutionnels d’Alpha Condé et d’Alassane Ouattara lors des élections présidentielles de 2020 a totalement décrédibilisé l’institution. De plus, sa surdité et sa volonté aveugle de vouloir absolument suivre les diktats qui lui imposent en l’occurrence la France et ses alliés occidentaux face à l'humiliation qu'ils n'arrêtent pas de subir en Afrique de l'Ouest, a complètement retirer toute la crédibilité de l'instance aux yeux des Africains.



Ce n’est toutefois pas le seul problème auquel les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest sont confrontés. Les sanctions très lourdes qu’ils ont imposées au Mali n’ont pas porté leurs fruits. Bamako n’a de cesse de faire un pas vers la CEDEAO qui a préféré fermer les yeux quant à la volonté du peuple malien et à sa volonté de vouloir d'abord sécuriser le pays avant de mettre en place des élections.


En outre, ces mesures drastiques ont pénalisé les États voisins, notamment le Sénégal et la Côte d’Ivoire, même si elles ne sont pas appliquées à la lettre, sinon, ces pays essuieraient des pertes considérables. En prime, la CEDEAO, qui était déjà perçue par les populations comme « un syndicat de chef d’État » à la solde de l'Occident est devenue encore plus impopulaire après les punitions infligées au Mali. Elle fait face à une véritable fronde dans tous les pays d’Afrique de l’Ouest.


Imposer des sanctions au Burkina Faso et à la Guinée ne ferait que renforcer les mécontentements et inversement cela augmenterait la cote des militaires. Alors que le seul but de la CEDEAO et de ses maîtres occidentaux, c'est bien de tout faire pour empêcher ces 3 pays de s'unir comme l’a déjà montré le récent voyage du colonel Damiba à Bamako.


Que reste-t-il à la CEDEAO comme outil ? Menacer avec son bras armé, l’Ecomog, comme elle avait envisagé de le faire au Mali après le « coup dans le coup » de mai 2021 ? Inenvisageable, dans la mesure où elle a échoué avec la Misma et n’a pas été en mesure de mettre en place une force pour lutter contre le terrorisme. Elle ne ferait que se ridiculiser. Il ne lui reste donc plus que la patience et la diplomatie et de se plier à la volonté du peuple. C'est une victoire pour ces trois pays qui sont en voie de neutraliser cette instance encore sous le diktat colonial.

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