Qui sont les démolisseurs de la République de Guinée ?

July 3, 2020

 

Ils sont connus de certains, ces personnages guinéens qui ont démoli le pays et vendu à leur profit en pièces détachées, l’héritage laissé à la Guinée par Sékou Touré. Sidya Touré, ancien Premier Ministre et Président du parti UFR (Union des Forces Républicaines) et Cellou Dalein Diallo, sont donc ceux-là, qui aujourd’hui, opposants aux régime en place, ont contribué de par leurs mauvaises gestions des affaires publiques, à l'énorme retard que le pays accuse actuellement dans son processus de développement socio-économique. Aujourd’hui que ces derniers veulent briguer et exercer la plus haute fonction de l'Etat, il est important, de faire une rétrospection dans l’histoire, sur leur gestion du pays et leur héritage politique. En mettant au grand jour les faits, il faudrait que les guinéens en tant que citoyens libres,puissent jauger et décider par eux-mêmes, s'il y a lieu ou pas, d'en faire encore des gouvernants.

 

En effet chacun de ces deux hommes a déjà eu les pleins pouvoirs en Guinée. Sidya Touré a été premier ministre entre 1996 et 2006. On se rappelle que le Général Conté laissait ses ministres travailler avec un contrat de confiance. Il répétait d’ailleurs sans cesse « Si c’est bon pour la Guinée faites-le. Moi je suis un soldat, je garderai le pays dans la PAIX et nos frontières en sécurité…Vous les technocrates, développez la Guinée, faites tout ce qui est bon pour notre pays ».

 

Le règne de Sidya Toure en tant que premier ministre de 1996 à 1999

 

Avant son arrivée en 1996 à la Primature guinéenne, beaucoup n’avaient jamais entendu parler de lui. Plusieurs questions taraudaient leurs esprits, surtout celle de savoir les motifs de sa nomination à un poste aussi stratégique alors que celui-ci n’avait aucune connaissance de son pays,la Guinée, qu’il avait quittée à son adolescence.

 

En réalité c’est grâce à un lobbying, et surtout avec le soutien de ses amis que Sidya Touré avait pu entrer dans les bonnes grâces du Général Lansana Conté, alors en quête d’un Chef de Gouvernement intègre et compétent. Ses amis en question étaient Aboubacar Somparé, à cette époque Président de l’Assemblée Nationale et Kassory Fofana, alors Directeur Général de l’ACGP (Administration et Contrôle des Grands Projets) et proche de Conté. Ces derniers auraient donc fait jouer leurs relations, pour que Sidya Touré, occupe le poste de premier ministre au lendemain de la terrible mutinerie de Février 1996. Un choix que le Président regretta très vite.

 

En effet, dès sa nomination en 1996, sa première décision a révélé sa nature cupide et affairiste. Il a commencé par cumuler les fonctions de Premier Ministre avec celles de Ministre des Finances, de l’Economie et du Budget. Il était assisté de deux ministres délégués, a l’instar d’Ousmane Kaba, Ministre Délégué à l'Economie et des Finances et d’Ibrahima Kassory Fofana, Ministre du Budget et la Reforme des secteurs parapublics. Profitant de cette véritable supériorité sur les finances du pays, il s’est adjugé également les attributions de Président du Comité de Trésorerie et celles de la Commission Nationale des Investissements. Avec ce cumul de fonctions, il disposait entre autres privilèges du double pouvoir. Premièrement, il décidait du choix des dépenses de l’Etat et notamment des factures et autres prestations des fournisseurs à régler de façon discrétionnaire. Deuxièmement, il octroyait également les exonérations et autres avantages fiscaux et douaniers aux sociétés et entreprises avec lesquels il avait convenu des arrangements juteux en sa faveur.En guise d’exemple, on a souvenir, qu’il s'est autorisé l'exonération des frais de douanes et de taxes pesant sur les entreprises de son groupe, la Société financière de Guinée (SOFIG). Il en fut de même pour les sociétés où il était actionnaire à travers la SOFIG. Notamment la fabrique de cigarette et allumette, de l'usine de caoutchouc, l'usine de dynamite à Kamsar etc., qui sans exception ont profité indûment du statut d'exemption fiscale. Il a accordé des exonérations fiscales aux entreprises SOBRAGUI et BONAGUI sans aucun fondement soutenu par l'orthodoxie des procédures économiques et financières. En accordant des avantages fiscaux à ces entreprises dans lesquelles, il a acquis plusieurs actions, (25% Sobragui et 9 % Bonagui) Sidya les récupère par la suite. Sidya Touré disposait donc ainsi, de tous les pouvoirs financiers et patrimoniaux du pays.

 

Une fois, sans appel d'offre et en passant outre les règles et procédures de passation de marchés publics, Sidya Touré, a procédé à l'achat de vieux groupe électrogène de 11 mégawatts. Non seulement surfacturés et acquis au marché noir, ces groupes électrogènes déclassés au Nigéria et destinés à la ferraille, ont été acquis par l’ancien chef du gouvernement à hauteur de 50 millions de dollars américain. La mise en service de ces groupes a nécessité d'énormes travaux de réparation dont les factures se sont élevées à plus de 42.000 euros pour ne livrer que 10 MW durant deux (2) ans environ.

 

C'est encore en sa qualité de Premier Ministre, qu'il s'est arrogé le droit d'exproprier l'Etat de plusieurs propriétés foncières. C'est le cas de l'entreprise publique Libraport à Coleah à Conakry dont il s'est approprié le terrain pour ériger l'immeuble SOFIG. C'est également le cas de ses propriétés immobilières de Matam à Conakry (où se trouve le siège de son parti) construites sur le domaine dépossédé à l'Etat. Il en est de même pour sa résidence ou il a dépouillé purement et simplement un Orchestre national propriétaire par une donation de l'Etat et dont la progéniture vivaient de la rente.

 

C'est en sa qualité de Premier Ministre et Président du Comité de Trésorerie, que les dépenses publiques ont été exécutées sur simple lettres de paiement ordonnées par le Premier Ministre. A ce titre, les dérapages budgétaires importants ont été causés par des dépenses non justifiées au point où la Banque Centrale a fait un rapport au Président de la République sur la gestion calamiteuse des finances publiques. La mission d'inspection générale ordonnée par le feu Président Conté a conduit à la remise en cause du schéma institutionnel qui permettait ainsi au Premier Ministre et Président du Comité de trésorerie, de soutirer les ressources publiques à son profit et à travers son conglomérat d'entreprise personnel. Sur la base dudit rapport d'inspection, le Président Conté procède à un remaniement du gouvernement et enlève à Sidya Touré le portefeuille du Ministère de l’Economie et des Finances et du Budget. Mis à nu, son image et sa crédibilité, en prennent un coup sérieux et irréversible. Malgré la pression subie de la part du Président Conté et les multiples appels à sa démission, le Premier ministre Touré a fait campagne pour la réélection de son patron.Son slogan était, emprunté à ses concitoyens ivoiriens, ‘’ Conté, ton pied, mon pied ‘’. Loin de se laisser abuser par l’hypocrisie de Sidya Touré, le Président Conté une fois réélu, le débarqua, sans ménagement.

 

Pillages et enrichissement illicite

 

Le rapport de la mission d'inspection générale ordonnée par Président Conté avait mis au grand jour, les exactions financières commises par l’ancien chef du gouvernement. Il s’agit notamment de

  • La démolition de la centrale de Tombo.

La centrale de Tombo, était la principale source d’électricitéde la ville de Conakry sous l’ère SÉKOU TOURÉ. L’arrivée de Sidya TOURÉ à la primature et aux Finances, a coïncidé avec le renouvellement des groupes électrogènes de la centrale. À cette époque, le secteur de l’énergie était géré par deux entités distinctes : une société publique de patrimoine (La SONELGUI) et une société privée d’exploitation (la SOGEL). L’acquisition de centrales relevait donc de la SONELGUI qui avait pris des initiatives avec la Banque Mondiale et la Banque Européenne d’Investissement pour l’achat de 4 groupes électrogènes en fabrication à Mantes-La-Jolie (France). Mais cela a été détourné par Sidya Touré, qui, comme vous le savez, les avait achetés au marché noir à 50 millions de dollars américain.Les pannes fréquentes des centrales ont maintenu la Guinée dans le noir. Les groupes sont déclarés hors service trois ans après leur installation, sans avoir fonctionné plus de 27 mois. Les techniciens de l’ENELGUI qui avaient un sens de patriotisme et qui se sont opposés à une telle opération, ont été limogés et remplacés. Le fossoyeur signalait de fort belle manière son entrée en scène avec ses propres employés. Ce scandale, qualifié d’un des plus grands scandales de la Guinée a été la principale cause de l’absence d’électricité qui a maintenu le pays dans l’obscurité jusqu’à l’avènement du Professeur Alpha CONDÉ.

  • Contrat d’affermage ENELGUI-SOGEL

La banque mondiale décide de financer l’investissement du secteur électrique à hauteur de 400 000 USD renouvelable sur le compte de la Banque Centrale de Guinée et 2,6 millions USD à Washington. Sidya TOURÉ décide, en violation de la convention, de donner en gestion ces ressources au partenaire privé SOFIG sans aucun mécanisme de contrôle. La conséquence a été immédiate : Le secteur n’a bénéficié d’aucun investissement ni entretien significatif. Les machines de Tombo 1 et 2 se sont arrêtées.

  • La répartition de l’énergie et L’éclairage public

Sur Don de la KFW, l’Allemagne décide de financer le dispatching de l’énergie à hauteur de 14 000 000 de Deutsch Marks et 800 000 000 GNF de contrepartie Guinéenne. Le Premier Ministre estime que la Guinée n’a pas besoin de dispatching. L’Allemagne gèle donc les fonds et la Guinée se prive d’un système de dispatching à la mesure du développement prévu du secteur.

 

Le gouvernement Guinéen décide d’assurer l’éclairage public de Conakry sur fonds propres avec une dotation budgétaire de 9 650 000 000 FNG. La nomination de Sidya TOURÉ comme Premier Ministre intervient au même moment. Sidya TOURÉ décide d’en faire le symbole de sa gouvernance. Contre l’avis des techniciens du secteur, il assure lui-même la gestion de ce programme avec ses sociétés privées. Le programme est mis en œuvre dans la précipitation et 37% des luminaires sont non fonctionnels. La Guinée jouit pendant un cours instant des effets bénéfiques de l’éclairage et replonge dans le noir.

  • La commande publique et les biens publics

À la tête du Comité de trésorerie en tant que Premier Ministre et Ministre de l’Économie et des Finances, Sidya TOURÉ s’est réservé la priorité des commandes publiques, exonère de taxes et d’impôts ses sociétés et détourne à son profit les usines de cigarettes et d’allumettes, de caoutchouc, de dynamite et des immobiliers publics dont sa maison de la minière, le siège de la SOFIG et le siège de son parti. Sidya TOURÉ détiendra pendant son règne à la Primature de Guinée, des participations dans plusieurs sociétés de divers secteurs.

 

Le règne de Cellou Dalein Diallo

 

Contrairement à Sidya Touré, Cellou Diallo, a passé plus de 10 ans à la fonction de ministre, sous l’ère du Président Conté. De juillet 1996 à avril 2006, Cellou Diallo a tour à tour, occupé les postes de Ministre des Transports des Télécommunications et du Tourisme (1996-1997) ; de Ministre des Travaux publics de l’équipement des Transports des Télécommunications du Tourisme et de l’environnement (1997 – 2003) ; de Ministre de la Pêche et de l’aquaculture (2003-2004) ; et puis, le 9 décembre 2004, Cellou Diallo est nommé Premier Ministre, en remplaçant ainsi François Lonseny Fall. Durant ces 10 années au service de la Guinée, le président Conté avait mis ses espoirs en Diallo pour que celui-ci au contraire de Sidya, mène à bien toutes les tâches qui lui étaient confiées pour le bien de la nation. Mais l’abus de confiance qu’il avait orchestré, a été découvert par le Président de la république, ce qui lui a valu un licenciement pour faute lourde.

 

En effet, Cellou tente le 4 Avril 2006, un coup de force par un pseudo-décret pour mettre en place un gouvernement à sa solde. La Radio Guinéenne avait même annoncé que Cellou Diallo recevra les pouvoirs des plus étendus.Mais le programme de la Radio est vite interrompu par des militaires qui font échouer le coup de force. Le lendemain, à la suite d’une note remise au Président par le Secrétaire Général de la Présidence, le chef de l’Etat CONTÉ démet DIALLO de toutes ses fonctions.

 

Comme l’indique la note du Secrétaire Général à la Présidence, Il a bâti une fortune personnelle sans aucune mesure avec ses revenus officiels de serviteur de l’Etat et tissé un réseau à son entière dévotion ainsi que dans les ambassades pour faire sa propagande à l’extérieur et constituer sa fortune hors de la Guinée. Ceci par un mécanisme de transfert illicite de ressources vers les ambassades. Les exemples qui suivent, montrent comment l’économie guinéenne a été mise en pièces détachées pour atteindre cet objectif.

 

Sous la première République il n’y avait pas de grands opérateurs car c’était une économie d’Etat. Cellou va profiter de sa longévité au gouvernement pour créer des opérateurs économiques qui sont soit ses associes, soit ses soutiens, tous de son ethnie. Durant sept ans (1996 – 2003) il dirigera le département des Télécommunications. La Société nationale de télécom Sotelgui ne rapportait rien et a connu un retard inexplicable qui a poussé les partenaires malaysiens à jeter l’éponge. Il n’y aura ni autorité de régulation, ni obligation d’investissement pour ce partenaire. La rareté des cartes SIM fera naitre un véritable marché noir des cartes de la part de ses alliés.

  • Ministère des Transports.

Il oblige les sociétés pétrolières à utiliser ses propres camions citernes et ceux de ses partenaires. La gestion du port sera totalement opaque. En fait, pour bon nombre d’observateurs, c’était sa régie financière personnelle.

 

Dans le domaine de l’importation des produits alimentaires et d’autres biens d’importations, Cellou Diallo va créer un véritable système de quasi-monopole au profit des opérateurs économiques de son ethnie basée sur une gigantesque fraude. Il utilisait deux systèmes. Le premier, pour l’importation du riz. Ils importaient soi-disant pour le compte de l’armée. Ils ne payaient donc ni taxe, ni douane. Mais dans la réalité, à peine 10 % était destiné à l’armée. Les 90 % étaient revendus aux demi-grossistes et détaillants au prix réel (c’est-à-dire incorporant les frais de douanes et les taxes). Ils gardaient pour eux toute la marge. Le Deuxième système consistait à mettre sur les Container importés le sigle PRG, c’est-à-dire Présidence de la République pour ne payer ni douanes, ni taxes. Les alliés et associés de Cellou ont pu amasser ainsi, d’énormes fortunes.

  • Ministre des Travaux Publics.

Durant six ans, il dirige ce département (1997–2003). Tout est dirigé au niveau du département et centralisé au niveau du ministère. Il y aura beaucoup d’argent investi et très peu de route réalisé à un coût excessif. Le coût d’un kilomètre goudronné pouvait atteindre deux millions de dollars ce qui, à l’époque était plus de deux fois le prix. L’aéroport n’a connu aucun investissement sérieux mais toujours des coûts très onéreux et incontrôlables. La plupart du temps, les marchés se faisaient de gré à gré.

 

Cellou s’est retrouvé souvent sur la sellette, avec des affaires qui ont marqué l’opinion et fortement terni son image. Il en est ainsi de l’affaire des timbres fiscaux. Le ministère des Transports dont il avait la charge a conclu un marché avec l’homme d’affaires Salifou Camara, dans des conditions jugées douteuses. Plutôt que de garder le stock de timbres, comme il est d’usage, le soin est revenu à l’homme d’affaires de les garder à son domicile, dans un caveau aménagé à cet effet. Il livrait le ministère, chaque fois, qu’il en exprimait le besoin, à travers la direction nationale des transports terrestres qui percevait les recettes, pour les reverser ensuite au trésor public. Au bout d’un certain temps, le ministre des transports, Cellou a demandé au ministre de l’économie et des Finances, Ibrahima Kassory Fofana, de rémunérer ses agents pour les services rendus. Kassory a accédé à cette demande et ainsi de l’argent a été prélevé sur les montants recouvrés pour payer des primes. Une enquête a été ouverte pour faire toute la lumière sur l’opération. Un rapport en a suivi dans lequel le ministre et de nombreux collaborateurs à lui ont été incriminés.

 

Il y eut ensuite, l’affaire du crash de l’avion sur les côtes béninoises. L’avion est parti de Conakry. La version de l’accident relayée par la presse est l’incurie des autorités du Ministère des transports, notamment de l’aviation civile. Cette direction, aurait manqué à son devoir de s’assurer que l’avion était en état de voler. Les documents délivrés ont semblé peu fiables.  Aussi, l’opinion, choqué par la tragédie, a réclamé la tête du ministre qui a dû s’expliquer à l’occasion d’une conférence de presse pour dégager toute responsabilité et inviter les médias et l’opinion à attendre les résultats des enquêtes, avant de tirer les conclusions hâtives. L’affaire fut ainsi classée, mais le souvenir de ce drame est encore vivace dans les mémoires et constitue un boulet que Cellou traîne encore.

 

L’autre scandale qui continue à défrayer la chronique et trouble le sommeil de Cellou, est celui relatif à sa résidence de Dixinn.  Celle-ci, a servi de résidence fonction à de nombreuses personnalités du pays avant qu’il ne l’occupe et se l’attribue, en forçant la main au Président Conté. A partir d’une procédure qu’il a initiée et d’un payement, via une banque de la place, la maison appartenant à l’Etat lui est revenue, sans coup férir. D’autres personnalités comme Fodé Bangoura, Kassory Fofana qui a même restauré sa résidence de fonction, complètement, voir, l’occupant de la résidence voisine à la sienne, n’ont pas racheté leurs villas de fonction, respectueux du bien public et de l’éthique en la matière.

 

Durant sa période de Premier Ministre, le Président choisi le ministre des postes et télécommunications en la personne de Jean Claude Sultan. Un appel d’offre est lancé pour recruter un opérateur et lancer le mobile en Guinée. Pendant que le Ministre des télécommunications lançait l’appel d’offre qui aboutit au choix d’Areba ; Le Premier Ministre Cellou lançait un appel d’offre parallèle.

 

Le Premier Ministre négociait en parallèle pour attribuer le marché à un de ses parrains à l’époque l’homme d’affaire Alpha Amadou Diallo et Sonatel qui avait perdu. Cellou prit un arrêté pour annuler l’appel d’offre au profit d’Alpha Amadou Diallo et Sonatel. Il s’en suivra un affrontement public entre le premier ministre et le ministre de télécoms.

  • La liquidation d’air Guinée

A la prise du pouvoir par le C.M.R.N., le Président Dadis, a mis en place un comité d’audit par Ordre de Mission n° 005/CASSSE/CNDD/2009 du 15 Septembre 2009, le gouvernement de Transition confie l’audit d’Air Guinée à certains experts par l’intermédiaire de la Commission d’Audit, de Surveillance des Secteurs Stratégique de l’Economie (CASSSE). La mission révèle que la convention de cession est signée le 18/07/2002 entre CELLOU DALEIN DIALLO Ministre des Transports et des Travaux Publics au moment des faits et Mamadou SYLLA PDG de FUTURELEC S.A. Avant la convention de liquidation d’Air Guinée, un décret de dissolution de la compagnie aérienne est pris en date du 12/07/2002. Selon les auditeurs, la cession des actifs n’a pas fait l’objet d’un appel d’offres, ni d’aucune évaluation d’experts pour estimer la valeur exacte du patrimoine.

 

Les actifs cédés sont les suivants : Un Boeing 737-200 (valeur estimée 4 000 000 USD), Un Dash 7 (valeur estimée 700 000 USD), Stock de pièces de rechanges (valeur estimée 2 000 000 USD), Un immeuble abritant le siège d’Air Guinée, un terrain de 1796.94 m2 donné en bail à construire, ateliers et garages, immeubles à l’intérieur du pays. Par ce contrat un bâtiment R+1 et un bâtiment à Rez-de-chaussée avec cour de 1163.98m2 ont été donnés en location pour une somme ridicule de 2 000 000 GNF. Malgré ce faible montant, le cessionnaire a cumulé 15 Mois de Loyers impayés sur 26. L’ensemble des actifs a été cédé à un prix dérisoire de 5 000 000 USD payables en tranche. Seulement 1 291 406 USD ont été payés. Les sommes payées qui devaient servir en priorité au dédommagement des travailleurs ont été en partie détournés (le montant détourné s’élève à : 238 844 352 GNF).

 

Au total le préjudice, causé par des montants compromis, est estimé par les auditeurs à 258 681 571 295 GNF soit 27 000 000 USD

  • La liquidation du chemin de fer

Par Ordre de Mission n° 005/CASSSE/CNDD/2009 du 15 Septembre 2009, le gouvernement de Transition confie l’audit de la compagnie du chemin de fer à d’autres experts dirigé par Oumar Ibrahima TOURÉ. La mission d’audit fait plusieurs constats.

1995 : arrêt définitif de l’exploitation de la voie ferrée. Cet arrêt a réduit la survie du patrimoine.

23 Octobre 1996 : Décret D/96/136/PRG/SGG portant libéralisation de la commercialisation de la ferraille composite. Ce décret a permis la création des sociétés de transport ayant des laissez-passer et protégées par des militaires et des gendarmes pour assurer le démantèlement et le transport des ferrailles vers le Mali et le Port de Conakry.

2007 : Disparition quasi complète de la voie ferrée. Sur 148 680 rails et 827 500 traverses en 95, il ne restait en 2009 que 1 014 rails et 10 000 traverses. La colonne vertébrale de la Guinée a été démantelée, ce qui a ralenti considérablement la mise en valeur du territoire et les échanges intra guinéens. La valeur estimée de la voie ferrée démantelée et vendue est de 7 318 605 USD sans compter le détournement, la disparition et la dégradation de bâtiments, de cités, de matériels techniques et de traction, des locomotives et le matériel de l’atelier central. Les rails ont été vendus par la femme de Cellou, Alimatou.

  • La liquidation de l’usine de bauxite de Fria

L’usine de FRIA a donné naissance à une petite ville avec des infrastructures aux normes internationales (chemin de fer, eau, électricité, logement) abritant 1600 employés locaux au plus fort de sa gestion. Évalués à 200 000 000 USD, les actifs de l’État (49% du capital) furent bradés à 21 000 000 USD. La descente aux enfers de cette usine, après cette opération, a conduit à sa fermeture en 2012. Alors qu’il y avait un preneur à 200 Millions de Dollars. Le commanditaire reconnu de cette opération n’était autre que Dalein DIALLO. L’usine a été réouverte sous le Président Alpha CONDÉ.

  • La commande publique et les biens publics

Comme haut fonctionnaire à la tête de plusieurs institutions de l’Etat, Celloua bâti une fortune personnelle gigantesque par détournement à son profit des décisions et biens publics.L’appropriation de plusieurs entreprises, d’une centaine de camions citernes et de Taxis, de biens immobiliers appartenant à l’Etat (Résidence de Dalein Diallo, le siège de son Parti) constituent les butins d’une guerre contre les biens publics pour se hisser à la tête de l’Etat par tous les moyens.

 

L’héritage des fossoyeurs de la guinée

 

Le patriotisme qui a caractérisé le Guinéen, fruit de la période révolutionnaire sous la direction du Premier Président, a été remplacé par son contraire. La course à l’enrichissement illicite symbolisée par Cellou et Sidya est devenue l’idéal du service public. L’inversion des valeurs est devenue la norme : l’intérêt public qui venait avant les intérêts privés a été inversé et le service public est subordonné aux intérêts privés.

 

Durant la longue période de liquidation des acquis de l’ère SEKOU TOURÉ, toutes les compétences techniques ont été écartés pour faire la promotion des hommes liges qui n’avaient pour seule compétence que le dévouement à ceux qui leur ont permis d’être à la place qu’il ne faut pas. La compétence a cédé la place au clientélisme administratif et politique et le mérite a cédé la place à la promotion de la médiocrité. Ces habitudes, développées lors du règne des fossoyeurs de la Guinée, sont devenues une seconde nature de l’administration qui a continué la liquidation de l’économie même après la dissolution du Gouvernement. Le pays a ainsi connu la dilapidation des devises de la banque centrale et L’effondrement du secteur coton.

 

Au vu de tout cela, il parait donc clair que ceux qui ont démoli la République de Guinée, ont fait passer leurs intérêts personnels avant celui des autres ... pour Cellou et Sidya, le peuple était secondaire !

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