Covid-19 : l'Afrique intensifie les tests

April 13, 2020

 

Alors que le nombre des contaminations a nettement progressé, du Caire au Cap, les pays se battent pour augmenter leur capacité de tests.

 

Le Maroc a décidé d'élargir les tests virologiques. Et pour cela, il a acquis au moins 100 000 kits à l'étranger. C'est ce qui est prévu par le ministère marocain de la Santé. Dès lundi, il procédera à l'élargissement de son réseau de dépistage au niveau de six centres hospitaliers universitaires (CHU). Il s'agit des CHU des villes de Casablanca, Rabat, Oujda, Fès, Marrakech et Agadir. L'élargissement du protocole de dépistage permettra ainsi d'identifier davantage de cas contaminés au Maroc et limiterait plus efficacement la propagation du virus sur le territoire national. Rappelons que le Maroc a consacré la somme de deux milliards de dirhams (1 dollar équivaut à 9,6 DH) au renforcement de son dispositif médical, notamment l'achat de nouveaux kits de dépistage pour permettre d'avoir des résultats rapides.  Selon le bilan établi par le ministère de la Santé, le Maroc a enregistré, jusqu'à ce dimanche 12 avril, 1.661 contaminations au Covid-19, dont 118 décès et 177 cas de guérison. D'après le Dr Lyoubi, cité par la presse locale, l'augmentation du nombre de contaminations est due à l'apparition de foyers familiaux à cause des personnes qui se sont rendues à l'extérieur et qui ont infecté les autres membres de leur famille ou qui étaient en période d'incubation lors de l'entrée en vigueur du confinement. Les tests de dépistage effectués sur plus de 9 984 cas contacts suivis ont permis de déceler 689 cas de contamination, alors que 4 491 cas contacts se trouvent sous contrôle sanitaire.

 

Kenya

Dépister massivement, la recette gagnante. Et c'est grâce aux chercheurs de l'Institut de recherche médicale du Kenya (Kemri) qui ont trouvé une solution révolutionnaire concernant les kits de test Covid-19 que le pays se projette. En réalité, ces chercheurs ont pensé à convertir les machines existantes, 8 800, utilisées pour tester la tuberculose, la grippe aviaire et le VIH en machines pour tester le coronavirus. Un procédé qui permettra au Kenya de passer à la vitesse supérieure avec le test de pas moins de 35 000 échantillons en 24 heures. « L'une de ces machines peut effectuer de deux à trois mille tests en une à deux heures environ. Donc, si vous multipliez cela par le nombre d'installations que nous serons en mesure de déployer, vous pouvez le voir ici, c'est un énorme potentiel », a déclaré Amoth, lors d'un point de presse samedi.  Le chef des laboratoires de diagnostic moléculaire du VIH, le professeur Matilu Mwau, a déclaré que le Kemri a suspendu pour une semaine les tests VIH pour se consacrer au Covid-19. « En raison de la pandémie de coronavirus, tous les services offerts dans les laboratoires moléculaires VIH à Nairobi et Alupe sont suspendus », a déclaré Mwai, dans une note au personnel. Le Kenya, qui compte à ce jour 189 cas confirmés de Covid-19, avec 7 décès et 22 guérisons, a pris des mesures proactives depuis la déclaration du premier cas confirmé du coronavirus, le 13 mars dernier, dont la fermeture des écoles et des universités, la suspension des vols aériens, un couvre-feu de 19 heures à 5 heures et l'arrêt des déplacements et des mouvements de et vers quatre comtés qui connaissent une grande prévalence de cas confirmés de Covid-19, à savoir Nairobi, Kilifi, Mombasa et Kwale.

 

L'Afrique du Sud augmente ses capacités de test.

 

Le nombre total de cas confirmés de Covid-19 en Afrique du Sud est passé à 2 173, soit 145 de plus, a déclaré, dimanche, le ministre de la Santé, Zweli Mkhize. Le pays ne déplore pas de nouveaux décès dus à la maladie, mais le nombre de morts s'élève à 25, comme annoncé samedi.  L'augmentation rapide des cas confirmés pourrait être le résultat d'un plus grand nombre de tests effectués après que le pays a mis en place des tests communautaires à grande échelle la semaine dernière. Le nombre total de tests effectués à ce jour est de 80 085, a précisé le ministre Mkhize. « Nous constatons également une augmentation des tests effectués dans les laboratoires publics. Sur les 5 032 tests effectués au cours de la dernière journée, 3 192 l'ont été dans des laboratoires publics », a-t-il indiqué. Le Gauteng reste la province avec le plus grand nombre de cas confirmés (895), suivie par celle du Cap-Occidental (587) et celle du Kwazulu-Natal (443). Mais, ailleurs, le nombre de tests est encore plus inquiétant.

 

Le nombre total d'infections au Tchad doublé en un jour.

 

Le Tchad a enregistré, dimanche, douze nouveaux cas positifs de Covid-19, portant le total à 23. Dans la journée de dimanche, le ministère tchadien de la Santé publique a annoncé sept nouveaux cas, dont quatre sont des contacts d'un cas détecté dans la ville d'Abéché (Est), deux sont les contacts d'un patient rentré du Cameroun, et le dernier un étudiant rentré clandestinement du Cameroun. Dans la soirée, le ministère a annoncé cinq cas supplémentaires, dont une femme.  Le ministre tchadien de la Santé publique, Mahmoud Youssouf Khayal, a ainsi exhorté ses compatriotes au respect strict des mesures barrières édictées par le gouvernement, rappelant que « la pandémie existe et gagne du terrain ».

 

Un nouveau front dans les zones rurales africaines ?

 

« S'attaquer aux cas dans les zones rurales qui manquent souvent de ressources par rapport aux centres urbains constituera un immense défi pour les systèmes de santé déjà mis à rude épreuve en Afrique », a déclaré la cheffe de l'OMS pour le continent, la Dr Matshidiso Moeti, dans un communiqué. « Comme les cas de Covid-19 quittent les zones urbaines, il est nécessaire de décentraliser la réponse et d'accroître la coordination avec les administrations régionales ainsi que de renforcer les systèmes infranationaux de réponse aux urgences sanitaires », a déclaré la responsable de l'OMS. « Les gouvernements et les administrations provinciales et régionales doivent être en mesure de coordonner, de retracer les contacts, de contenir les cas et de traiter les patients au niveau local », a-t-elle ajouté.  Par manque de tests, de nombreux pays en sont réduits aux estimations. Le Kenya avait anticipé, fin mars, jusqu'à 10 000 cas positifs au 30 avril. Il n'en compte à ce jour que 189. « Nous ne faisons pas de tests dans les communautés », a reconnu, vendredi, le directeur général du ministère de la Santé, le Dr Patrick Amoth. « Mais nous nous en tenons à nos projections, on verra bien… » Le Dr John Nkengasong, chef du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, concède que, faute de tests, les statistiques ne sont pas « parfaites ». Mais il écarte l'idée que de nombreux cas passent sous les radars. Les hôpitaux « seraient envahis de malades », ce qui n'est pas le cas, s'est-il réjoui.

 

Le Mali songe à isoler Bamako.

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a annoncé un train de mesures sociales pour atténuer les effets de la crise du coronavirus et indiqué qu'une décision serait prise prochainement sur la possibilité d'isoler la capitale, Bamako, du reste du pays. Chiffres à l'appui, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, en est, lui, convaincu. « Avant le confinement, la hausse moyenne du nombre de cas quotidiens était de 42 %. Depuis le début du confinement, la hausse quotidienne est passée à 4 % », a-t-il détaillé. Le Mali a opté pour un couvre-feu nocturne et la fermeture des écoles. Il compte officiellement 7 morts pour 87 cas confirmés. Parmi les mesures instituées « en direction des couches les plus fragiles » de la population figurent la prise en charge par l'État des factures d'électricité et d'eau des plus démunis pour les mois d'avril et de mai, et la diminution pendant trois mois des taxes sur « les produits de première nécessité, notamment le riz et le lait ». Les mesures sociales coûteront au moins 500 milliards de FCFA (environ 762 millions d'euros). Le gouvernement va également distribuer 56 000 tonnes de céréales et 16 000 tonnes d'aliments pour le bétail, et accorder des exemptions fiscales aux entreprises touchées par la crise, a indiqué le président malien. « Conscients de l'impératif de solidarité, les membres du gouvernement renoncent à un mois de leur salaire », a-t-il ajouté, précisant renoncer lui-même à trois mois de salaire et le Premier ministre Boubou Cissé, à deux mois. Par ailleurs, le gouvernement « examine, avec l'avis du conseil scientifique, la possibilité d'isoler Bamako, épicentre de l'épidémie, du reste du territoire. La population sera informée de la décision qui sera prise dans les heures à venir », a-t-il souligné. Ibrahim Boubacar Keïta a également annoncé, « dans le cadre du programme Un Malien, un masque », l'arrivée la semaine prochaine à Bamako d'une « commande spéciale de 20 millions de masques lavables ». Le Mali, 184e sur 189 sur l'indice de développement humain de l'ONU, avait été touché en 2014 par l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest (2013-2016), enregistrant six décès pour une dizaine de cas.

 

L'hôpital militaire marocain va rouvrir dans la capitale malienne.

 

 

Le roi Mohammed VI du Maroc a répondu favorablement à une demande du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, de rouvrir l'hôpital militaire marocain dans la capitale malienne pour recevoir les patients infectés par le coronavirus, a rapporté, dimanche, la chaîne de télévision marocaine, Medi1 TV, dans son bulletin d'information. Selon la chaîne de télévision, la suite favorable donnée par le souverain marocain a été annoncée lors de l'entretien téléphonique qui a eu lieu samedi entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays. La date de réouverture de cet hôpital multidisciplinaire sera fixée ultérieurement en commun accord entre les deux pays. Installé en 2013, l'hôpital militaire de campagne marocain déployé à Bamako avait accompli pendant trois mois des services sanitaires au profit des populations. L'hôpital, encadré par une équipe de 106 personnes, dont des médecins spécialistes, des infirmiers et une équipe d'accompagnement et de soutien, avait réalisé plus de 52 600 prestations médicales dans différentes spécialités.

 

Vers le prolongement du confinement au Nigeria.

 

Le président Muhammadu Buhari a demandé une fois encore aux Nigérians de « rester à la maison », sans préciser si les mesures de confinement de 14 jours, qui doivent prendre fin ce lundi dans trois États du pays étaient renouvelées ou non. Les habitants des États de Lagos (20 millions d'habitants), d'Ogun et de la capitale fédérale d'Abuja sont confinés, devant respecter des mesures strictes de déplacement pour aller faire des courses un jour sur deux, depuis le 31 mars. Mais dimanche, à la veille de la fin de la période initiale de confinement annoncée, ils ne savaient toujours pas s'ils devraient toujours s'en tenir à ces restrictions de mouvement à partir de lundi. « Je n'ai pas d'informations » sur une prolongation des mesures de confinement, a expliqué à l'AFP Garba Shehu, le porte-parole de la présidence. « Les médecins et les scientifiques sont ceux qui conseilleront. Ce n'est pas une décision politique, c'est une décision médicale et scientifique », a-t-il répondu. Samedi, le chef de l'État a demandé à ses concitoyens de « rester à la maison, se laver les mains et sauver des vies », dans un communiqué signé par son porte-parole Garba Shehu. Mais le texte ne cite aucun État particulier et ne précise pas si une prolongation avait été décidée. 

 

Le Nigeria, avec près de 200 millions d'habitants, est le pays le plus peuplé d'Afrique, et compte le plus grand nombre de personnes vivant sous le seuil de l'extrême pauvreté au monde (plus de 87 millions en 2018), selon l'organisation World Poverty Clock. Les mesures de confinement sont extrêmement difficiles à respecter pour la majorité de la population qui dépend de l'économie informelle pour survivre. Sur Twitter, des centaines d'internautes imploraient la présidence nigériane ainsi que le gouvernement de l'État de Lagos de lever les mesures de confinement pour pouvoir continuer à travailler et à se nourrir. Le Nigeria comptait, dimanche, 318 cas déclarés de coronavirus (sur environ 5 000 tests réalisés) et enregistrait 10 décès. Le centre local de contrôle des maladies a déclaré que deux nouveaux laboratoires avaient été activés dans le pays pour les tests de dépistage du Covid-19. Cela porte le nombre de laboratoires à 11.

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